Darmanin : examiner 70 000 plaintes en un mois, impossible
Darmanin : 70 000 plaintes en un mois impossible

Un objectif jugé irréaliste par les syndicats

Après l'émotion suscitée par l'affaire Lyhanna, le ministre de l'Intérieur Gérald Darmanin a annoncé une mesure choc : examiner 70 000 plaintes en un mois. Une annonce qui suscite un tollé chez les syndicats de police, qui dénoncent un objectif irréaliste et une pression supplémentaire sur des effectifs déjà sous tension.

Des effectifs insuffisants pour une telle charge

Les syndicats estiment que les moyens humains et matériels ne permettent pas de traiter un tel volume de plaintes en si peu de temps. « C'est tout simplement impossible », déclare un représentant syndical. « Nos collègues sont déjà débordés par le travail quotidien. Ajouter 70 000 plaintes à traiter en un mois, c'est mission impossible sans renforts significatifs. »

De plus, la qualité du traitement des plaintes pourrait en pâtir. Les policiers craignent que l'urgence ne conduise à des erreurs ou à un traitement superficiel des dossiers, au détriment des victimes.

Bannière large Pickt — app de listes de courses collaboratives pour Telegram

Une annonce politique avant tout

Pour certains observateurs, cette annonce relève davantage de la communication politique que d'une véritable mesure opérationnelle. « Le ministre cherche à montrer qu'il agit après le drame Lyhanna, mais sans donner les moyens nécessaires », analyse un expert. « C'est une promesse intenable. »

L'affaire Lyhanna, du nom de cette jeune femme victime d'un viol et dont la plainte n'avait pas été prise au sérieux, a mis en lumière les dysfonctionnements du système judiciaire et policier. Depuis, de nombreuses voix s'élèvent pour réclamer une meilleure prise en charge des victimes.

Les syndicats demandent des moyens supplémentaires

Face à cette annonce, les syndicats réclament des mesures concrètes : recrutement de personnels, formation spécifique, allègement des tâches administratives. « On ne peut pas demander plus sans donner plus », insistent-ils. « Il faut des moyens humains et techniques à la hauteur des ambitions affichées. »

Le ministère de l'Intérieur, de son côté, assure que des mesures d'accompagnement sont prévues, sans toutefois donner de détails précis. Les syndicats restent sceptiques et appellent à une réunion d'urgence avec le ministre.

En attendant, les policiers continuent leur travail quotidien, avec la crainte que cette annonce ne se traduise par une pression accrue et une détérioration de leurs conditions de travail. L'objectif des 70 000 plaintes en un mois semble, pour l'heure, hors de portée.

Bannière post-article Pickt — app de listes de courses collaboratives avec illustration familiale