Le blocage du port de Nice par les marins pêcheurs, ce jeudi 17 septembre 2026, trouve son origine dans la hausse du prix du carburant, qui pèse plus lourdement sur leur activité que pour le consommateur final, explique Jacques Percebois, professeur émérite à l'université de Montpellier, qui intervient également à l'École des Mines de Sophia Antipolis.
Pour les pêcheurs, la part du pétrole brut dans le prix du gazole est bien plus importante que pour les particuliers. Ces derniers paient des taxes – TICPE, TVA, certificats d'économie d'énergie – qui amortissent les variations du brut. Les marins pêcheurs, eux, subissent de plein fouet la hausse du baril, un fait objectif selon l'économiste.
Un coût du gazole qui peut atteindre 50 % du chiffre d'affaires
Normalement, le gazole représente environ 25 % du chiffre d'affaires des pêcheurs, une part déjà non négligeable. Avec les augmentations actuelles, ce pourcentage peut grimper à 40 %, et même atteindre des pics de 50 %. C'est pourquoi l'enjeu pour eux n'est pas une baisse des taxes, dont ils ne bénéficieraient pas, mais des aides directes.
Les pêcheurs réclament jusqu'à 35 centimes par litre de gazole. Face à un cours du brut aussi élevé, le gouvernement devra faire des efforts pour sauver ce qui reste de la pêche, estime Jacques Percebois. L'impact sur le budget de l'État serait limité, mais le risque est de créer un effet boule de neige, toutes les professions demandant alors une aide supplémentaire ou une baisse des taxes.
Des perspectives incertaines à court terme
Les États-Unis sont contraints, pour des raisons politiques, de ne pas intervenir de nouveau dans le Golfe. Deux scénarios se dessinent : soit le prix du brut redescend, entraînant une légère baisse des prix à la pompe, soit il se maintient autour de 100 dollars le baril, et les prix restent élevés. Un embrasement total pourrait faire s'envoler le baril jusqu'à 150 dollars. À court terme, il devrait tourner autour de 100 dollars, avec des prix élevés pendant au moins quelques mois.
La répercussion à la pompe est rapide : les raffineurs-distributeurs anticipent la hausse du pétrole et l'intègrent dans leurs prix. Il existe néanmoins une asymétrie : quand les cours montent, les prix augmentent vite, mais quand ils baissent, la baisse est plus lente, les raffineurs invoquant des stocks constitués à des prix élevés.



