À Bourg-en-Bresse (Ain), les récoltes de miel ont été divisées par deux en un an, une situation qualifiée de « grande source d’inquiétude » par l’apiculteur Philippe Saiz, qui s’est confié dans les colonnes du Progrès. Responsable des ruches de la Ville et des 15 colonies réparties entre la place du Champ-de-Mars et Bouvent, il constate une baisse significative de la production des abeilles.
Des causes multiples : pluies, canicule et frelons asiatiques
Selon Philippe Saiz, cette chute s’explique par plusieurs facteurs : les pluies printanières, la canicule et la présence de frelons asiatiques. Ces derniers ont exercé une pression importante sur les abeilles aux mois d’août, de septembre et d’octobre 2025. Au printemps suivant, les colonies ont donc eu plus de mal à redémarrer, et l’ont fait plus tard que d’habitude.
L’apiculteur précise que le climat a eu « huit à dix jours d’avance » à Bourg-en-Bresse. Les acacias de la place du Champ-de-Mars ont permis de sauver les récoltes au début du mois de mai, mais la sécheresse a fait souffrir le tilleul. Sans eau, le nectar produit par les fleurs est moindre, et les abeilles manquent de ressources pour fabriquer leur miel.
Un miel toujours de qualité, malgré une production en baisse
Malgré ces conditions difficiles, Philippe Saiz tient à rassurer : le miel récolté sera toujours bon. Il sera d’ailleurs servi dans les cantines scolaires, offert lors de mariages ou encore distribué dans les colis des aînés, comme c’est le cas habituellement.
Concernant le frelon asiatique, il est présent depuis cinq ou six ans à Bourg-en-Bresse. Le piégeage de printemps, installé par la Ville, a permis d’éliminer 2 500 fondatrices en 2026. La sécheresse semble également provoquer leur disparition, ce qui pourrait atténuer la pression sur les abeilles dans les mois à venir.
Un impact durable sur la production locale
Cette baisse de production, bien que préoccupante, ne remet pas en cause la qualité du miel ni son utilisation traditionnelle dans les services municipaux. Cependant, elle illustre les défis croissants posés par le changement climatique et les espèces invasives pour les apiculteurs locaux. La Ville de Bourg-en-Bresse continue de soutenir la filière, notamment par le piégeage des frelons, afin de préserver ses colonies et la biodiversité urbaine.



