Une altercation violente devant une banque
Un jeune homme de 29 ans a comparu jeudi 7 août devant le tribunal correctionnel d'Alès, dans le Gard, pour une bagarre à coups de marteau survenue le 26 mars à Saint-Martin-de-Valgalgues. Les faits se sont déroulés sur le parking d'une agence bancaire, où le prévenu s'était rendu pour retirer de l'argent. Selon les témoignages et la vidéoprotection de la mairie, l'altercation aurait été déclenchée par un « mauvais regard » entre les occupants de deux véhicules.
Le récit du prévenu : « Je me suis senti agressé »
D'emblée, le prévenu, décrit par le président du tribunal Simon Lanes comme sujet à une « amnésie constante », a déclaré s'être « senti agressé » et avoir « paniqué ». Il explique qu'il se « sentait au pied du mur » et s'est alors dirigé vers sa voiture, suivi par deux autres personnes. Il s'est saisi d'un marteau et a tenté de les frapper. Mais le président lui a rappelé : « Vous avez visiblement perdu la bagarre ! » En effet, il a rapidement été désarmé et la partie adverse a retourné l'arme contre lui, lui infligeant plusieurs blessures. Malgré son amnésie présumée, le prévenu, peu connu de la justice, maintient avoir agi en état de légitime défense.
Le procureur dénonce la banalisation de la violence
Le procureur de la République, Abdelkrim Grini, a souligné une « banalisation de la violence » dans notre société. Il s'est étonné que des personnes qui « ne se connaissent pas » puissent se battre aussi violemment « pour une raison qui nous échappe, certainement futile ». Il a requis de huit à dix mois de prison pour la bagarre, plus deux mois pour avoir usurpé l'identité d'un tiers lors d'un contrôle routier le 22 juin, et une amende de 1 000 euros.
La défense plaide la légitime défense
Me Joris Numa, avocat du prévenu, a plaidé la légitime défense, affirmant que son client a eu « une réaction de victime ». Après la bagarre, il a demandé à ses proches de contacter les forces de l'ordre pour expliquer ce qui lui était arrivé, puis s'est rendu à l'hôpital, tandis que les autres protagonistes ont quitté les lieux. L'avocat a invité les juges à tenir compte de cette situation dans le prononcé de la peine.
La décision du tribunal
Le prévenu a été condamné à une peine totale de douze mois de prison, aménagée dès le début sous bracelet électronique. Une amende de 1 000 euros a également été prononcée. L'autre protagoniste de l'affaire, présent dans la salle, n'a pas donné sa version des faits et a refusé de se constituer partie civile. Il sera jugé ultérieurement dans le cadre d'une procédure de plaider coupable.



