Corée du Sud : peine de l'ex-Premier ministre réduite à 15 ans
Corée du Sud : peine réduite à 15 ans pour l'ex-Premier ministre

Corée du Sud : la peine de l'ex-Premier ministre Han Duck-soo réduite à quinze ans de prison

La Cour suprême de Corée du Sud a annoncé ce jeudi une réduction significative de la peine de l'ancien Premier ministre Han Duck-soo, condamné en première instance à vingt-cinq ans de réclusion pour corruption et abus de pouvoir. La plus haute juridiction du pays a ramené sa peine à quinze ans d'emprisonnement, une décision qui suscite des réactions contrastées dans l'opinion publique sud-coréenne.

Han Duck-soo, figure politique de premier plan ayant servi sous plusieurs administrations, avait été reconnu coupable d'avoir accepté des pots-de-vin totalisant plusieurs millions de dollars en échange de faveurs accordées à des conglomérats industriels. L'affaire, qui a éclaté en 2024, avait profondément ébranlé la classe politique sud-coréenne, déjà marquée par des scandales de corruption récurrents.

Une décision judiciaire controversée

La réduction de peine a été justifiée par la Cour suprême au motif que certains chefs d'accusation n'étaient pas suffisamment étayés par les preuves présentées lors du procès initial. Les juges ont également souligné la coopération partielle de l'ancien Premier ministre avec les enquêteurs, ainsi que son âge avancé – Han Duck-soo est âgé de 76 ans. Cependant, cette décision a été vivement critiquée par les organisations de lutte contre la corruption, qui y voient un signal inquiétant pour la lutte contre l'impunité des élites.

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Le parquet avait requis une peine de trente ans de prison, estimant que les faits reprochés à Han Duck-soo constituaient une atteinte grave à la probité de la fonction publique. La défense, quant à elle, avait plaidé pour une peine plus clémente, arguant que son client avait agi dans l'intérêt du développement économique du pays.

Un contexte politique tendu

Ce verdict intervient dans un climat politique particulièrement tendu en Corée du Sud, où plusieurs anciens hauts responsables ont été poursuivis pour corruption ces dernières années. Le président actuel, qui a fait de la lutte contre la corruption l'un de ses chevaux de bataille, s'est refusé à tout commentaire sur cette affaire spécifique, mais a réaffirmé son engagement à renforcer l'indépendance de la justice.

L'opinion publique reste divisée : certains estiment que la justice a fait son travail en reconnaissant la culpabilité de l'ancien Premier ministre, tandis que d'autres jugent la peine trop clémente pour un crime qui a détourné des fonds publics destinés à des programmes sociaux. Les médias sud-coréens ont largement couvert l'affaire, mettant en lumière les liens troubles entre le monde politique et les grandes entreprises.

Han Duck-soo, qui a occupé le poste de Premier ministre de 2022 à 2024, devra purger sa peine dans une prison de haute sécurité. Ses avocats ont annoncé qu'ils n'envisageaient pas de nouveau recours, mais n'ont pas exclu une demande de grâce présidentielle à l'avenir. L'affaire continue de faire des vagues et pourrait avoir des répercussions sur les prochaines élections législatives prévues en 2027.

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