Cinq élus LFI portent plainte pour injures racistes après un courrier détournant Tintin au Congo
Cinq élus LFI portent plainte pour injures racistes après un courrier

Cinq élus LFI déposent plainte pour injures racistes après un courrier détournant Tintin au Congo

Les députés et maires de La France Insoumise Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli, Aly Diouara et Bally Bagayoko ont officiellement porté plainte pour injures publiques à caractère raciste. Cette action judiciaire fait suite à la réception d'un courrier particulièrement insultant adressé à leur groupe parlementaire, qui détourne de manière outrageante l'album Tintin au Congo.

Un courrier raciste à l'Assemblée nationale

La plainte a été déposée jeudi 9 avril 2026 au tribunal judiciaire de Paris. Le courrier incriminé, reçu le 26 mars dernier, contient des cases détournées de la bande dessinée Tintin au Congo, accompagnées de légendes profondément racistes. Parmi ces inscriptions, on trouve notamment "LFI ? Y'en a bon pou'nous Bwana" et "Nadège Abomangoli/Carlos Martens Bilongo/Aly Diouara/Danièle Obono échappée du Zoo de Beauval".

Me Chirinne Ardakani, l'avocate des élus, a vivement dénoncé ce qu'elle qualifie de "recours systématique au procédé d'animalisation et de déshumanisation". Selon elle, ce courrier suggère "une prétendue supériorité du groupe social de personnes blanches sur les personnes noires", remettant ainsi en cause l'appartenance des élus à la communauté nationale.

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Des tags racistes découverts à Bagnères-de-Bigorre

Trois des élus concernés, Danièle Obono, Carlos Martens Bilongo et Bally Bagayoko, ont également déposé une plainte distincte à Tarbes, dans les Hautes-Pyrénées. Cette seconde plainte fait suite à la découverte, ce week-end, de tags racistes sur un mur de la commune de Bagnères-de-Bigorre.

L'inscription "Bagayoko Obono Bilongo Hassan : Remigration" fait directement référence au concept raciste de remigration. Pour Me Ardakani, ce tag constitue des "injures publiques aggravées à caractère raciste" basées sur les origines ethniques supposées et la couleur de peau des plaignants.

La mairie de Bagnères-de-Bigorre a immédiatement porté plainte après la découverte de ces inscriptions, qui ont été relevées alors que plusieurs milliers de personnes se rassemblaient contre le racisme à Saint-Denis, à l'appel du maire Bally Bagayoko.

Un contexte de harcèlement raciste amplifié

Me Ardakani souligne que ces incidents s'inscrivent dans un contexte plus large de harcèlement raciste. "Ce déchaînement quotidien de haine raciste" à l'encontre des élus aurait atteint "son paroxysme depuis plusieurs semaines à la faveur des élections municipales".

L'avocate accuse explicitement des "influenceurs identitaires", des "personnalités politiques classées à l'extrême droite" ainsi que de "nombre de chaînes d'information en continu" d'amplifier ce phénomène. Carlos Martens Bilongo avait déjà porté plainte en janvier à Paris après avoir reçu des lettres anonymes contenant des menaces de mort racistes.

Saisine de l'ONU face à l'inaction des autorités

Face au classement sans suite de nombreuses plaintes similaires et à l'absence de réaction significative des autorités françaises, quatre des élus concernés ont décidé de saisir la Rapporteuse spéciale des Nations Unies. Carlos Martens Bilongo, Nadège Abomangoli, Aly Diouara et Bally Bagayoko entendent ainsi alerter l'organisation internationale sur "les formes contemporaines de racisme, de discrimination raciale, de xénophobie et de l'intolérance" en France.

Cette démarche internationale souligne la gravité de la situation et l'urgence perçue par les élus face à ce qu'ils considèrent comme une montée inquiétante du racisme décomplexé dans l'espace public et politique français.

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