TotalEnergies maintient le plafonnement des prix à la pompe, Pouyanné défend la souveraineté
TotalEnergies: plafonnement des prix maintenu, Pouyanné défend la souveraineté

Le PDG de TotalEnergies, Patrick Pouyanné, a confirmé ce samedi 4 juillet 2026 le maintien du plafonnement des prix à la pompe dans ses stations-service, y compris sur autoroute, lors des Rencontres économiques d'Aix. Il a également critiqué la tentation de l'État de taxer les profits des grands groupes français.

EDF détaille la performance du parc nucléaire

Lors de la table ronde sur le coût de l'énergie, Bernard Fontana, PDG d'EDF, a indiqué que 42 réacteurs nucléaires fonctionnaient la veille, et que l'entreprise a exporté 12 GW pendant la canicule. Il a précisé que seulement 0,3 % de la production électrique est impactée par les fortes chaleurs, avec une possible hausse à 1,5 %. EDF mise sur le nouveau nucléaire pour renforcer ses capacités : les premiers réacteurs EPR devraient produire à un coût de 90 à 100 euros par MWh, puis viser 70 euros. Les six premiers EPR coûteront 72,8 milliards d'euros, avec une baisse de 30 % à partir de la deuxième paire. L'entreprise investit aussi pour prolonger la durée de vie du parc existant de 20 ans et augmenter la puissance de 50 MW par équipement via l'ajout de turbines. « Nous avons 13 réacteurs de 900 MW à équiper, et ce sont des commandes qu'on passe à l'usine de Belfort », a déclaré Fontana, mentionnant également des investissements dans l'hydroélectricité et les énergies renouvelables.

Pouyanné défend le plafonnement des prix

Patrick Pouyanné a répondu aux critiques liant énergies fossiles et canicule : « Ce n'est pas parce que la France va se passer de toutes les énergies fossiles que la canicule va s'arrêter. » Il a confirmé le maintien du plafonnement des prix à la pompe, y compris sur autoroute, estimant que TotalEnergies a « fait la preuve d'une grande responsabilité sociale » en appliquant les critères ESG. Il a prévu que quelques mois seront nécessaires avant une régulation des prix, car si les producteurs « bradent » leurs stocks, les tankers évitent encore le détroit d'Ormuz, entraînant une pénurie de produits.

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Le coût du CO2 et la souveraineté

Pouyanné a attribué la hausse du coût de l'énergie à l'intégration du prix du CO2 : « En France et en Europe, il vaut 80 à 100 euros la tonne. La différence avec le reste du monde, c'est que nous sommes les seuls à avoir un vrai prix du CO2. La Chine en a fixé un à 10 euros la tonne. » Il a appelé à un système fiscal où la taxe CO2 serait réinvestie dans la décarbonation, redistribuée aux industriels et aux particuliers.

Sur la souveraineté, Anne-Isabelle Etienvre du CEA a rappelé les travaux sur le solaire et les batteries, mais a admis que « la fusion, ce ne sera pas pour demain ni après-demain, il y a encore des verrous technologiques ». Pouyanné a estimé que la souveraineté « ne consiste pas à se replier sur soi », plaidant pour des coentreprises « à 49/51 % avec les Chinois ». « Je n'ai pas peur des Chinois, il faut leur dire de venir mais à nos conditions », a-t-il déclaré. Bernard Fontana a préféré évoquer l'investissement dans une PME familiale de Grandvillars pour des matériaux de soudage souverains.

Message aux inquisiteurs fiscaux

Enfin, Pouyanné a lancé un message aux « inquisiteurs fiscaux qui veulent piquer dans la poche des boîtes françaises alors que la bataille se passe ailleurs dans le monde ». Il a rappelé que pendant la crise du détroit d'Ormuz, « nous étions redevenus le pétrolier de France, on était content d'avoir un acteur qui approvisionne le pays. Alors qu'avant on nous disait "arrête le pétrole tout de suite" ! Il y a même des juges qui s'y mettent. On a encore une utilité sociale pour beaucoup de décennies chez nous ! »

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