Ce samedi 4 juillet 2026, plus de 400 personnes ont participé à la « grande marche » contre les violences sexuelles à Nice, partant de la place Garibaldi pour rejoindre le Palais de justice. Organisée par des associations, militantes et citoyens, cette mobilisation s'inscrit dans un mouvement national touchant 80 villes de France ce week-end. L'objectif : réclamer une loi-cadre intégrale sur le modèle espagnol, afin de lutter de manière systémique contre les violences sexistes et sexuelles.
Un cortège symbolique pour dire « plus jamais ça »
Les manifestants, parmi lesquels de nombreux jeunes, ont scandé des slogans comme « Plus jamais ça ! » et « Femmes et enfants agressés, on dit assez ! ». Chloé, 19 ans, étudiante, explique sa présence : « Il faut que ça cesse, on ne peut plus invisibiliser les violences. » Elle évoque le meurtre de Lyhanna, 11 ans, assassinée par Jérôme Barella, un drame qui a mis en lumière les failles du système. « Il a été dénoncé à plusieurs reprises, elle aurait pu être sauvée », ajoute-t-elle, marchant pour toutes les victimes connues et inconnues. Ana, 20 ans, dénonce « l'impunité qui protège les agresseurs ».
Une loi-cadre attendue depuis des mois
Les revendications portent sur une loi-cadre globale, comme le précise Marion Dupré du Collectif droits des femmes 06 : « On veut un engagement durable de société pour en finir avec les mesures d'urgence, les demi-mesures sans budget. » La loi doit inclure la répression, mais aussi l'accompagnement des victimes avec un parcours de soins adaptés. Une proposition de loi transpartisane (hors RN et UDR) a été élaborée à l'Assemblée nationale en collaboration avec des associations expertes, déposée depuis début décembre 2025. Les manifestants demandent sa mise à l'ordre du jour. Une pétition en ligne soutient ce projet.
3 milliards d'euros par an pour une réponse efficace
Les organisateurs insistent sur les moyens financiers nécessaires : 3 milliards d'euros par an pour la mise en œuvre de la loi. « C'est le prix à payer pour s'armer, lutter, protéger et prévenir », affirme Marion Dupré. En 2025, plus de 130 000 victimes de violences sexuelles ont été enregistrées en France, dont 70 % sont des enfants. Un chiffre jugé sous-estimé par les manifestants, qui appellent à une réaction urgente. La marche s'est conclue devant le Palais de justice, symbole de l'attente de justice pour les victimes.



