Capitaine chinois condamné pour refus d'obtempérer face à la marine française
Capitaine chinois condamné pour refus d'obtempérer

Un an de prison ferme pour le capitaine du pétrolier russe arraisonné en Bretagne

Le commandant d'origine chinoise du Boracay, pétrolier appartenant à la flotte fantôme russe, a été condamné lundi à un an de prison ferme et 150 000 euros d'amende pour refus d'obtempérer face aux autorités françaises. Chen Zhangjie, âgé de 39 ans, n'était pas présent lors de la lecture du jugement, ce qui a conduit le tribunal à émettre un mandat d'arrêt à son encontre.

Une manœuvre dangereuse au large d'Ouessant

L'affaire remonte au 27 septembre 2025, lorsque la marine française a tenté d'inspecter le navire de 244 mètres de long naviguant dans les eaux internationales au large de l'île d'Ouessant. Le substitut du procureur Gabriel Rollin a souligné lors de l'audience du 23 février que les militaires ont fait face à une particulière mauvaise volonté du capitaine, les contraignant à effectuer une manœuvre dangereuse, de nature à engendrer un accident.

Le tribunal a suivi les réquisitions du parquet, considérant que le refus d'obtempérer du commandant constituait une infraction grave dans un contexte maritime sensible.

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Un navire sous sanctions européennes et un faux pavillon

Le Boracay, sous sanctions européennes pour son appartenance à la flotte fantôme russe, transportait une cargaison de pétrole russe à destination de l'Inde. Avant son arraisonnement, le navire avait hissé un faux pavillon béninois pour tenter de dissimuler son identité et échapper aux contrôles.

De plus, le pétrolier était suspecté d'être impliqué dans les survols de drones ayant perturbé le trafic aérien danois en septembre 2025, bien que la justice française n'ait pas été saisie de ce volet spécifique. À bord se trouvaient également deux employés d'une société de sécurité privée russe, chargés de surveiller l'équipage et de collecter des renseignements.

La défense invoque le droit international maritime

L'avocat du prévenu, Me Henri de Richemont, a plaidé la relaxe durant l'audience, estimant que son client ne pouvait pas être jugé par un tribunal français pour des faits survenus dans les eaux internationales. Selon lui, si refus d'obtempérer il y avait, Chen Zhangjie devrait être jugé par un tribunal chinois conformément à la convention de Montego Bay sur le droit de la mer.

Cette argumentation n'a pas convaincu le tribunal, qui a maintenu la compétence de la justice française dans cette affaire, soulignant l'importance de la sécurité maritime et le respect des autorités nationales en cas d'inspection.

Cette condamnation intervient dans un contexte géopolitique tendu, marqué par les sanctions contre la Russie et les enjeux liés à la flotte fantôme utilisée pour contourner les embargos. Elle illustre également les défis posés par l'application du droit maritime international face à des navires opérant sous des pavillons de complaisance ou falsifiés.

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