Le tribunal correctionnel de Béziers a condamné un homme de 51 ans à huit mois de prison ferme pour violences conjugales, le 29 mai dernier. Les faits se sont déroulés dans un contexte d'alcoolisme chronique, exacerbé par le décès récent d'un enfant en bas âge. Le prévenu, un colosse au physique imposant mais à l'air perdu, a reconnu pour la première fois les coups et les insultes proférées à l'encontre de son épouse, avec qui il partageait sa vie depuis seize ans.
Des violences sous l'emprise de l'alcool
Ce jour-là, le couple avait consommé de l'alcool en quantité. Le taux d'alcoolémie de l'homme atteignait 0,98 gramme par litre de sang. Selon les déclarations de la victime, son mari l'a frappée, insultée et rabaissée en ces termes : "T'es une salope, une merde, tu ne sers à rien." Le prévenu, déjà connu pour des violences lors d'une enceinte sportive et récemment placé sous bracelet électronique, a été incarcéré le week-end précédant l'audience. Il a reconnu les faits, les qualifiant de "dispute classique de couple", tout en admettant que sa force physique déséquilibrait la situation.
Une peine complémentaire inédite
Outre les huit mois de prison, le tribunal a révoqué un précédent sursis de quatre mois, rendant la peine totale de douze mois. Une mesure complémentaire singulière a été prononcée : l'interdiction de percevoir la pension de réversion de son épouse en cas de décès de celle-ci. Cette décision vise à protéger la victime, qui n'a pas porté plainte et souhaite donner une chance à son couple. Me Eva Slinkman, avocate de la victime, a souligné que cette audience a permis à sa cliente de libérer sa parole et d'envisager un renouveau.
Le deuil comme déclencheur
L'alcoolisme du couple est apparu après la perte de leur enfant en bas âge. Ce deuil a fragilisé la famille, et les violences se sont multipliées. Le procureur a mis en garde la mère de famille : "Si ça recommence, qui va-t-on montrer du doigt ? Il y a un mineur dans votre foyer." Il a exhorté les deux conjoints à se soigner ensemble. L'avocat du prévenu, Me Samuel Tallon, a plaidé pour des obligations de soins, insistant sur l'amour qui unit le couple et la nécessité de surmonter cette épreuve. Il a demandé que son client puisse reprendre son travail pour reconstruire leur vie.
Une décision pour l'avenir
Le tribunal a assorti la peine d'un aménagement possible, permettant au prévenu de se soigner tout en purgeant sa peine. Les juges ont estimé que la reconnaissance des faits et la volonté de changement étaient des éléments positifs. Cependant, ils ont tenu à protéger la victime par cette interdiction de pension de réversion, une sanction rare mais jugée nécessaire dans ce dossier sensible. Le couple doit désormais suivre des soins pour sortir de l'alcoolisme et éviter que la tragédie ne se reproduise.



