Eaux minérales : Bonneval attaque l'arrêté Perrier en justice
Bonneval attaque l'arrêté Perrier en justice

Affaire des eaux minérales : Bonneval lance une action judiciaire contre l’arrêté préfectoral autorisant l’exploitation de la source Perrier

De nouveaux rebondissements dans l’affaire Perrier. L’entreprise savoyarde Bonneval annonce ce mercredi qu’elle engage des recours administratifs contre les arrêtés préfectoraux du Gard et des Vosges. Ces arrêtés, signés fin 2025, autorisent le groupe Nestlé Waters à exploiter les sources locales sous l’appellation « eau minérale naturelle ». Bonneval estime que ces décisions sont contraires à la réglementation en vigueur.

Le cœur du contentieux : la microfiltration

Au centre du litige se trouve l’autorisation d’utiliser des dispositifs de microfiltration de 0,45 micron. Ces filtres ont remplacé progressivement les traitements de purification par charbon ou UV, longtemps utilisés malgré leur interdiction. Cette pratique a conduit à l’éclatement de l’affaire des eaux minérales naturelles en 2024. David Merle, directeur général de Bonneval, explique que ce niveau de filtration modifie le microbisme de l’eau en la désinfectant partiellement. Selon lui, cela revient à mettre sur un même plan une eau naturellement pure et une eay ayant subi une intervention industrielle, ce qui contrevient à la réglementation.

Il ajoute : « Un tel précédent ferait disparaître durablement les garanties de provenance attachées à cette appellation et créerait une distorsion majeure au sein du marché des eaux minérales naturelles, récompensant ainsi les entreprises ne respectant pas la réglementation au détriment du consommateur. »

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Nouvelles contaminations et destructions de produits

Parallèlement, France Info révèle que près de trois millions de bouteilles Perrier ont dû être détruites ou bloquées après des contaminations bactériologiques ces derniers mois. Trois opérations de destruction ont eu lieu les 23 janvier (401 palettes, soit environ 370 000 bouteilles de 75 cl en verre), 29 janvier (237 palettes de bouteilles en plastique d’un litre, soit plus de 200 000 bouteilles) et 23 mars (près de 300 000 bouteilles de 75 cl en verre). Les analyses ont révélé des bactéries « susceptibles de provoquer des infections graves chez les personnes fragiles », selon France Info.

Les journalistes précisent que plus de 14 millions de bouteilles ou canettes ayant fait l’objet de détections de bactéries pathogènes ou de germes revivifiables ont finalement été commercialisées après des décisions de déblocage de la préfecture.

La défense de Nestlé Waters

Contacté par Midi Libre, Nestlé Waters assure que « les tests et contrôles réguliers, les mises en attente temporaires ainsi que des destructions ciblées de produits font partie de la gestion intégrée de la qualité au quotidien dans toute usine agroalimentaire, en particulier pour un produit naturel ». Le groupe contre-attaque : « Les allégations infondées qui établissent un lien entre des produits bloqués ou détruits et un risque pour le consommateur sont inacceptables. En 2025, par exemple, une proportion très limitée de produits a été détruite car ils n’atteignaient pas les standards stricts de qualité attendus. Si des produits peuvent être bloqués en attente de contrôles, dans la vaste majorité des cas, ceux-ci se sont finalement avérés conformes, comme le confirme l’ARS dans ses réponses à France Info. »

Interpellations de la filière et difficultés internes

En plus de Bonneval, l’ensemble du secteur commence à réagir. Selon France Info, la Maison des eaux minérales naturelles (MEMN), organisation professionnelle représentant la filière, a interpellé la ministre de la Santé, remettant en doute les arrêtés préfectoraux autorisant l’exploitation des sources Perrier, Vittel et Contrex avec un traitement de microfiltration à 0,45 micron. Les mêmes sources révèlent que l’usine Perrier rencontre des difficultés à traiter ses eaux usées et peine à respecter les objectifs de consommation d’eau fixés par l’arrêté préfectoral.

Ces éléments pourraient constituer des arguments supplémentaires pour Bonneval. À la justice administrative de trancher.

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