Jair Bolsonaro assigné à résidence et privé de téléphone portable
Bolsonaro assigné à résidence, privé de téléphone

Coup dur pour Jair Bolsonaro : l'ancien président brésilien a été assigné à résidence ce lundi 4 août, après avoir enfreint une interdiction de s'exprimer, notamment sur les réseaux sociaux. Cette assignation intervient alors que l'ex-chef d'État du parti conservateur est en attente du verdict de son procès pour tentative présumée de coup d'État.

Un étau judiciaire qui se resserre

L'étau judiciaire s'est brutalement resserré sur l'ex-président d'extrême droite Jair Bolsonaro, assigné à résidence avant même l'issue de son procès pour tentative présumée de coup d'État, où il encourt plus de 40 ans de prison. Sanctionné pour avoir bravé une interdiction de s'exprimer sur les réseaux sociaux, l'ancien chef d'État, déjà inéligible jusqu'en 2030, se retrouve entravé comme jamais.

Les raisons de l'assignation

Le motif de son assignation à résidence : des interventions à distance de l'ex-président lors de manifestations ce dimanche 3 août, à travers le pays, qui ont été ensuite relayées par des personnalités de son camp sur les réseaux sociaux. Le magistrat reprochait en particulier à l'ex-président le fait qu'un échange téléphonique avec son fils aîné Flavio ait été relayé sur les réseaux sociaux. Visé par une enquête pour obstruction présumée à son procès, Jair Bolsonaro était contraint dans ce cadre depuis la mi-juillet de porter un bracelet électronique et de rester chez lui soir et week-end. Il lui était aussi interdit de s'exprimer sur les réseaux sociaux, directement ou par le biais de tiers.

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Nouvelles restrictions sévères

Ce lundi 5 août, lui a donc également été interdite toute utilisation d'un téléphone mobile. Plusieurs appareils ont été saisis chez lui, a annoncé la police. Hormis ses avocats, toute visite à son domicile est également prohibée, sauf autorisation préalable. « La justice est aveugle, mais elle n'est pas idiote », a martelé le juge Alexandre de Moraes, magistrat aussi puissant que clivant, en charge de son procès à la Cour suprême. Tout nouveau faux pas entraînera « immédiatement un ordre de détention provisoire », a averti le magistrat.

Un procès imminent pour tentative de coup d'État

Le leader du courant conservateur dans la première puissance économique d'Amérique latine est déjà en attente du verdict de son procès pour tentative présumée de coup d'État dans les prochaines semaines. Avec sept de ses collaborateurs, ils sont accusés d'avoir tenté d'assurer son « maintien autoritaire au pouvoir » malgré sa défaite face au président actuel de gauche Luiz Inacio Lula da Silva en 2022.

Soutien de l'administration Trump

Le président américain Donald Trump a lancé une guerre commerciale contre le Brésil en représailles à une supposée « chasse aux sorcières » contre son allié. Le Département d'État a condamné la dernière mesure prise contre lui sur la plateforme X. Le 30 juillet dernier, le département américain du Trésor a infligé des sanctions financières au juge Moraes. Le même jour, Donald Trump a officialisé une surtaxe douanière de 50 % sur une bonne part des exportations brésiliennes vers les États-Unis. La mesure est entrée en vigueur ce mercredi 5 août.

Instigateur des pressions américaines, un fils de l'ex-président, le député Eduardo Bolsonaro, a vu dans l'assignation à résidence de son père un « abus de pouvoir pour réduire au silence le leader de l'opposition ». Pour lui, le juge Moraes est un « psychopathe hors de contrôle ».

Mobilisation des partisans

Drapeau brésilien sur les épaules ou à la main, plusieurs dizaines de partisans de M. Bolsonaro se sont rassemblés lundi 4 août au soir dans les rues de Brasilia, encouragés par un concert de klaxons d'autres sympathisants.

Espoir pour 2026

Inéligible pour désinformation sur le système de vote électronique utilisé en 2022, l'ex-président espère encore concourir à la présidentielle de 2026. Lula, le président actuellement en place, de 79 ans, affiche sa volonté de briguer un quatrième mandat, s'il est « à 100 % côté santé ». Il avait lui-même été incarcéré pendant 580 jours en 2018 et 2019 après avoir été condamné pour corruption passive et blanchiment. Une condamnation annulée par la suite pour vice de forme.

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