Affaire Lyhanna : l'avocat Kozan dénonce les failles de la justice
Affaire Lyhanna : Kozan dénonce les failles judiciaires

Me François-Xavier Kozan, avocat toulonnais, représente l'association Innocence en danger, constituée partie civile dans l'affaire Lyhanna. Il dénonce les failles systémiques du traitement judiciaire des plaintes pour agressions sexuelles et viols sur mineurs.

Un drame de trop

L'avocat exprime à la fois tristesse et colère : « J'espère que ce dossier ouvrira un vrai débat de fond, car il s'agit du drame de trop. » Il rapporte que les plaintes pour violences sexuelles sur mineurs restent trop souvent sans réponse immédiate, et que cette affaire, bien que très médiatisée, n'est malheureusement pas un cas isolé.

Des délais de traitement inquiétants

Selon Me Kozan, le problème principal est l'absence de réaction systématique et immédiate face à des faits aussi graves. « Que vous déposiez une plainte pour un vol ou pour un viol, le processus est globalement le même », déplore-t-il. Or, les enjeux sont incomparables. Un traitement lent permet au mis en cause de continuer à agir, voire de commettre de nouveaux faits.

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Les avocats se retrouvent souvent en interface entre une justice silencieuse et des parents désemparés. « Ils ne comprennent pas pourquoi rien n'avance », souligne-t-il. Il pointe un manque de moyens humains et matériels, mais aussi l'absence de procédures dédiées pour un traitement prioritaire. Actuellement, tout dépend des circonstances : « Soit vous tombez sur des enquêteurs réactifs, soit le dossier s'enlise. »

Des exemples édifiants

Me Kozan cite une affaire dans le Var où huit années se sont écoulées entre la première plainte et le procès pour viols et agressions sexuelles sur mineure. « Huit ans, c'est immense dans la vie d'un enfant », insiste-t-il. Au moment du procès, la victime avait 18 ans, et l'impact à l'audience n'était plus le même que si elle avait été une petite fille de 8 ans. Il a fallu diffuser des photos d'époque pour rappeler la réalité des faits.

Un dysfonctionnement systémique

L'avocat estime que l'affaire Lyhanna ne révèle pas un dysfonctionnement, mais plutôt le fonctionnement habituel de la justice dans ces dossiers. « Il y a la question des moyens, mais aussi celle de la volonté politique et de la priorisation des plaintes », affirme-t-il. Il s'étonne de l'ampleur de la mobilisation citoyenne et médiatique, inédite pour une affaire qui, pourtant, n'est pas exceptionnelle.

Cette situation doit pousser la justice à s'interroger sur son fonctionnement. « Elle joue aujourd'hui sa crédibilité. Les citoyens attendent des réponses concrètes et rapides pour protéger les enfants. Il est indispensable que l'institution se remette en question », conclut Me Kozan.

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