Une hausse spectaculaire des incarcérations
Le ministère de la Justice a annoncé mardi 28 juillet que la revue nationale des procédures de violences sexuelles commises sur des mineurs a entraîné 924 incarcérations, soit une augmentation de 134 % par rapport à la normale. Cette opération inédite, lancée après la mort de la jeune Lyhanna, a également généré 1 753 informations judiciaires, en hausse de 271 % sur un an.
Près de 70 000 plaintes ont été confiées aux magistrats pour réexamen, parmi lesquelles près d'un millier ont été jugées prioritaires. L'objectif fixé par le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, était d'achever ce travail avant le 14 juillet. Au lendemain de cette échéance, le ministre avait chiffré à 88 000 le nombre de plaintes en attente.
Des dysfonctionnements mis en lumière
Cette campagne exceptionnelle fait suite à l'affaire Lyhanna, dont le corps a été découvert dans un silo à Puycasquier (Gers) il y a près de deux mois. La mort de l'adolescente a révélé plusieurs dysfonctionnements dans le traitement judiciaire de plaintes visant le principal suspect. Le ministre de la Justice a tenu à saluer « l'engagement remarquable des magistrats, des fonctionnaires de greffe, des attachés de justice et de l'ensemble des personnels » qui ont mené cette revue dans des délais très contraints.
Gérald Darmanin a également indiqué avoir reçu individuellement chacun des 36 procureurs généraux pour « tirer les enseignements de cette revue inédite ». Il les réunira à nouveau le 3 septembre prochain pour poursuivre les discussions.
Des conséquences judiciaires immédiates
Les 924 incarcérations représentent une augmentation significative par rapport au rythme habituel des placements en détention pour ce type d'infractions. Les 1 753 informations judiciaires ouvertes permettront d'approfondir les enquêtes sur des faits souvent anciens ou qui n'avaient pas été suffisamment investigués. Le ministère souligne que cette revue a permis de rattraper des retards accumulés et de répondre à l'urgence de protéger les mineurs.
Parmi les dossiers examinés, certains concernent des affaires particulièrement graves, ce qui explique le nombre élevé de placements en détention provisoire. Les magistrats ont travaillé sans relâche pour analyser les plaintes et décider des suites à donner, avec le souci d'éviter de nouvelles tragédies comme celle de Lyhanna.



