Affaire Grégory : la justice examine l'annulation des poursuites contre Jacqueline Jacob
Affaire Grégory : décision sur l'annulation des poursuites

Un nouveau rebondissement judiciaire majeur secoue l'une des affaires criminelles les plus emblématiques de France. La chambre de l'instruction de la cour d'appel de Dijon doit se prononcer mercredi sur la demande d'annulation de la mise en examen de Jacqueline Jacob, grand-tante du petit Grégory Villemin, assassiné en 1984 dans les Vosges. Cette femme de 81 ans, soupçonnée d'être l'une des auteurs de lettres anonymes, saura si les poursuites à son encontre sont abandonnées.

La décision de la cour d'appel de Dijon

La décision sera rendue à huis clos à partir de 9 heures. Jacqueline Jacob a été mise en examen le 24 octobre pour « association de malfaiteurs », après qu'un expert a attribué à son écriture la lettre anonyme revendiquant le meurtre de Grégory. Cette lettre, adressée au père de l'enfant, disait : « Voilà ma vengeance. Pauvre con ».

Ce n'est pas la première fois que Jacqueline Jacob est mise en cause. En 2017, elle avait déjà été mise en examen pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », mais ces poursuites avaient été annulées pour vice de forme. Aujourd'hui, elle conteste à nouveau sa mise en examen, invoquant des vices de procédure et la prescription des faits.

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Les arguments de la défense

Lors de l'examen des requêtes fin mai, les avocats de Jacqueline Jacob ont soutenu qu'elle n'avait pas pu s'expliquer pleinement avant sa mise en examen et que les faits étaient prescrits. Le parquet général a rejoint la défense sur ce dernier point. Une annulation représenterait la cinquième invalidation dans ce dossier tentaculaire, dont Jacqueline Jacob est la seule personne encore mise en cause.

« Cela montrerait, pour la énième fois, que la justice se fourvoie complètement depuis 40 ans », a déclaré Me Frédéric Berna, l'un des avocats de Jacqueline Jacob. La défense a déjà annoncé qu'elle se pourvoirait en cassation si elle n'obtenait pas gain de cause, dans un délai de dix jours.

L'attente des parties civiles

Les parents de Grégory, Christine et Jean-Marie Villemin, se disent « sereins », selon leur avocat François Saint-Pierre. « Quelle que soit la décision de la cour d'appel sur cette question technique de prescription, la justice continuera ses recherches jusqu'à ce que la vérité éclate », a-t-il déclaré.

De son côté, Me Berna dépeint sa cliente comme « totalement innocente » et regrette qu'elle subisse « des montagnes russes judiciaires » depuis plus de dix ans.

Les rivalités familiales au cœur de l'affaire

Dès le début de l'enquête, les soupçons se sont portés sur les rivalités entre le clan Villemin et la famille Jacob, celle de la grand-mère de Grégory. Jacqueline Jacob, dont l'époux Marcel est le frère de cette grand-mère, était déléguée CGT dans l'entreprise où le père de Grégory travaillait comme contremaître, suscitant jalousie et ressentiment. Les époux Jacob ont toujours nié tout conflit.

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