La défense de Jacqueline Jacob, grand-tante du petit Grégory âgée de 81 ans, s'est dite confiante mercredi après l'audience de la Cour d'appel de Dijon. La chambre de l'instruction a examiné pendant près de deux heures la demande d'annulation de la mise en examen de l'octogénaire, soupçonnée d'être l'un des corbeaux ayant harcelé la famille Villemin. La décision sera rendue le 15 juillet.
Une cinquième invalidation possible
Me Frédéric Berna, avocat de Jacqueline Jacob, a déclaré : « On attend assez sereinement une décision. Le procureur général lui-même considère que les faits sont prescrits. » Il a également indiqué que si la demande n'était pas acceptée, la défense se pourvoirait en cassation. Une annulation représenterait la cinquième invalidation dans cette affaire vieille de plus de 41 ans.
Les accusations contre Jacqueline Jacob
Mme Jacob a été mise en examen le 24 octobre 2025 pour « association de malfaiteurs ». Elle est soupçonnée d'être l'auteure de la lettre anonyme revendiquant l'assassinat du petit Grégory, retrouvé noyé le 16 octobre 1984 dans la Vologne. Le courrier disait : « Voilà ma vengeance. Pauvre con. » Les investigations ont mis en lumière la haine entre les époux Villemin et la famille Jacob, bien que ces derniers aient toujours nié tout conflit.
Jacqueline Jacob avait déjà été mise en examen en 2017 pour « enlèvement et séquestration suivie de mort », mais les poursuites avaient été annulées un an plus tard. Cette annulation reposait sur un vice de forme, et non sur un manque d'indices. De nouveaux éléments sont depuis apparus, notamment une expertise de 2021 attribuant à Mme Jacob la lettre du 16 octobre 1984 ainsi que trois autres de 1983, dont une menaçant les Villemin.
Un fiasco judiciaire
Me Berna a souligné que plus d'une vingtaine de corbeaux ont été identifiés par des expertises contradictoires. Il a qualifié l'enquête de « fiasco », rappelant que des poursuites ont déjà été annulées à plusieurs reprises : en 1993, Christine Villemin a bénéficié d'un non-lieu ; en 2018, les mises en examen de Marcel Jacob et Murielle Bolle ont également été annulées.
La défense de Mme Jacob demande l'annulation sur la forme, arguant la prescription des faits, ce que soutient le procureur général Philippe Astruc. Cependant, Me François Saint-Pierre, avocat des parents de Grégory, estime que cela signifie que la défense « admet le sérieux des indices graves et concordants ciblant leur cliente ». Il a rappelé que l'instruction se poursuit et que des expertises des courriers anonymes sont en cours. Si elles concluent à l'implication de Mme Jacob, elle pourrait être mise en examen pour complicité d'assassinat.
Le procureur général a indiqué que les résultats de ces analyses sont attendus prochainement, laissant présager de nouveaux rebondissements. Il a souligné que la poursuite des investigations criminelles se justifie tant qu'il reste des traces d'ADN non identifiées.



