Affaire Epstein : le parquet de Paris relance l'enquête sur les complicités françaises
Affaire Epstein : le parquet de Paris relance l'enquête

Le parquet de Paris intensifie son enquête sur les ramifications françaises de l'affaire Epstein

À la suite de la publication de millions de documents liés au criminel sexuel américain Jeffrey Epstein, le parquet de Paris a annoncé la désignation de magistrats référents pour analyser d'éventuelles infractions impliquant des ressortissants français. Cette initiative vise notamment à procéder à une réanalyse intégrale du dossier d'instruction de l'ancien agent de mannequins Jean-Luc Brunel, décédé en détention en 2022, et à examiner de nouvelles plaintes déposées récemment.

Une enquête élargie sur des infractions multiples

Le parquet a précisé que les investigations pourraient concerner des infractions de diverses natures, incluant des actes à caractère sexuel ou financier. Il travaille en coordination avec le Parquet national financier et la direction nationale de la police judiciaire pour exploiter les documents nouvellement diffusés aux États-Unis, avec pour objectif d'ouvrir des enquêtes si des infractions sont caractérisées.

Le Parquet national financier avait déjà ouvert une enquête préliminaire le 6 février pour blanchiment de fraude fiscale aggravée visant l'ancien ministre de la Culture Jack Lang et sa fille Caroline Lang, tous deux cités dans les « Epstein files ».

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Nouvelles affaires et réexamen du dossier Brunel

Le parquet de Paris a été saisi de trois nouvelles affaires médiatisées :

  • Un signalement du ministère des Affaires étrangères concernant le diplomate Fabrice Aidan, cité dans les documents Epstein.
  • Une plainte d'une Suédoise contre Daniel Siad, un recruteur de mannequins lié à Epstein, pour des faits qualifiés de viol en 1990.
  • Une plainte pour harcèlement sexuel en 2016 contre le chef d'orchestre Frédéric Chaslin, transmise par le parquet de Thonon-les-Bains.

Parallèlement, le parquet va réanalyser le dossier de Jean-Luc Brunel, un proche d'Epstein, mis en examen avant son suicide. Ce dossier avait été clôturé par un non-lieu en juillet 2023, mais le parquet cherche maintenant à extraire toute pièce utile pour de nouvelles enquêtes, soulignant qu'aucune autre personne n'avait été mise en examen initialement.

Contexte et témoignages accablants

L'enquête sur Brunel avait été ouverte en 2019 suite à des signalements d'associations comme Innocence en danger, évoquant des complicités françaises dans l'affaire Epstein. Des témoignages recueillis par l'Office central pour la répression des violences aux personnes décrivaient Brunel comme un ami proche d'Epstein, offrant des emplois de mannequins à de jeunes filles pauvres et se livrant à des actes sexuels avec des mineures dans plusieurs pays.

Plusieurs femmes avaient rapporté des soirées à Paris marquées par une consommation excessive d'alcool et de cocaïne, où des jeunes filles étaient mises en contact avec Brunel. Elles décrivaient une atmosphère de prostitution et de drogues malsaine pour les mineurs, avec des allégations de violences sexuelles. Dix femmes avaient mis en cause Brunel, certaines affirmant avoir été contraintes à des relations sexuelles en raison de leur jeune âge ou de l'emprise exercée par Epstein ou Brunel.

Réactions et attentes de la justice

Mathias Darmon, avocat d'Innocence en danger, a salué cette décision du parquet de Paris, la qualifiant de soulagement pour les victimes et exprimant une grande attente vis-à-vis de la justice française. Cette relance de l'enquête marque une étape cruciale dans la lutte contre les réseaux criminels liés à Epstein, avec l'espoir de faire toute la lumière sur les responsabilités françaises potentielles.

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