Le tribunal judiciaire de Grasse a condamné Ali Ben M., un ouvrier de 33 ans de nationalité tunisienne, à quatre ans de prison pour avoir agressé sexuellement une jeune fille de 22 ans souffrant de troubles cognitifs. Les faits se sont déroulés le 17 mars dernier à La Gaude, près de Nice.
Une amitié qui tourne au drame
Ali Ben M. travaillait sur un chantier de rénovation dans le village et croisait régulièrement la victime, qui se rendait dans un foyer spécialisé pour participer à des activités. Les deux avaient noué une relation amicale et échangeaient leurs numéros de téléphone. Mais ce jour-là, l'homme a suivi la jeune fille dans un chemin isolé, sous prétexte de faire un câlin. Il l'a embrassée, touchée à la poitrine et aux fesses, puis s'est masturbé devant elle.
Des versions contradictoires
Interpellé grâce à des photos et au numéro de téléphone fourni par la mère de la victime, le prévenu a livré des explications confuses lors de son procès. Il a d'abord nié avoir perçu le handicap de la jeune fille, avant de reconnaître en garde à vue : "Son handicap est clair, c'est pour cela que je me suis éloigné d'elle." Son avocate, Me Adam Krid, a tenté de minimiser les faits en interrogeant : "Vous a-t-elle repoussé, a-t-elle crié, vous l'avez forcé ?"
La procureure a dénoncé un "tissu de mensonges", soulignant que des traces de sperme avaient été retrouvées sur la manche de la victime. "Ce n'était pas une rencontre fortuite, il l'a suivie", a-t-elle affirmé, requérant trois ans de prison.
Un traumatisme profond
Pour la partie civile, Me Julie Dupy a déploré que le prévenu "déforme la réalité", laissant croire à une idylle. "Cette jeune fille de 22 ans a des difficultés à s'exprimer. Après cette agression, le retentissement traumatique est tel qu'il a fallu l'hospitaliser", a-t-elle déclaré.
La défense a plaidé les "faibles capacités intellectuelles" de son client, mais le tribunal a rendu un jugement sévère : quatre ans de prison, auxquels s'ajoutent six mois d'un précédent sursis révoqué pour des faits similaires. Ali Ben M. a également écopé d'une interdiction définitive du territoire national et de l'inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes.



