La cour d’assises d’Ille-et-Vilaine a condamné un homme de 51 ans à vingt-six ans de réclusion criminelle avec une période de sûreté des deux tiers pour le meurtre de son épouse, Marie, 45 ans, survenu en avril 2022 à Rennes. Le féminicide avait bouleversé le quartier de Villejean et au-delà.
Un meurtre commis devant les enfants
Le 12 avril 2022, Marie avait été retrouvée morte dans son appartement, étranglée par son mari. Le drame s’est déroulé sous les yeux de leurs deux filles, âgées de 6 et 8 ans. L’homme, d’origine congolaise, avait passé la soirée à consommer de l’alcool avant de se déchaîner sur sa femme jusqu’à la tuer. Il s’était ensuite présenté au commissariat de quartier pour avouer son crime.
Le meurtrier était déjà connu de la justice : il avait été condamné en 2019 pour des violences conjugales avec arme, et une interdiction de contact avec la victime était en vigueur. Malgré cela, il a pu approcher Marie et commettre l’irréparable.
Un procès de quatre jours
Jugé depuis lundi devant la cour d’assises d’Ille-et-Vilaine, le quinquagénaire a comparu pendant quatre jours. L’avocat général avait requis une altération du discernement, mais la cour ne l’a pas retenue dans son verdict. La peine prononcée est de vingt-six ans de réclusion criminelle, assortie d’une période de sûreté des deux tiers, soit environ 17 ans et 4 mois.
La fille aînée de la victime a réagi auprès de Ouest-France : « Ça ne ramènera jamais notre maman mais au moins, justice a été faite. » Cette déclaration témoigne du soulagement relatif de la famille après ce long parcours judiciaire.
Un féminicide de plus en France
Selon l’association Nous Toutes, 71 féminicides ont été recensés en France depuis le début de l’année 2024. Ce chiffre macabre rappelle l’ampleur des violences conjugales dans le pays. Le cas de Marie illustre les failles du système : malgré une condamnation antérieure et une interdiction de contact, son mari a pu récidiver jusqu’à la tuer.
L’affaire a mis en lumière la nécessité d’un meilleur suivi des auteurs de violences conjugales et d’une protection renforcée des victimes. Les associations féministes continuent de réclamer des mesures plus efficaces pour prévenir ces drames.



