Augmenter les frais d'inscription à l'université est une fausse solution à un vrai problème, affirment plusieurs universitaires dans une tribune publiée dans Libération le 14 août 2026. Selon eux, cette mesure, souvent évoquée pour financer l'enseignement supérieur, aurait des conséquences désastreuses sur l'égalité des chances.
Une mesure qui pénaliserait les étudiants les plus modestes
Les signataires de la tribune, parmi lesquels figurent des enseignants-chercheurs et des économistes, rappellent que la France se distingue par des frais d'inscription parmi les plus bas du monde, avec environ 170 euros par an en licence. Ils estiment que les augmenter reviendrait à faire payer les étudiants, alors que le coût réel d'une année d'études est bien plus élevé, de l'ordre de 11 000 euros.
Selon eux, une telle hausse dissuaderait les jeunes issus de milieux défavorisés de poursuivre des études supérieures, creusant ainsi les inégalités sociales. Ils citent l'exemple de l'Angleterre, où les frais ont été multipliés par trois, sans pour autant améliorer la qualité de l'enseignement ni réduire le décrochage.
Un problème de financement, pas de frais
Les auteurs de la tribune soulignent que le vrai problème est le sous-financement chronique de l'université française. Ils pointent du doigt la baisse des moyens alloués par l'État, qui a perdu 10 % de son budget en dix ans, alors que le nombre d'étudiants a augmenté de 20 %.
Ils proposent plutôt d'augmenter les crédits publics, de lutter contre la précarité étudiante, et de repenser la répartition des moyens entre les établissements. Ils appellent également à une réflexion sur la gouvernance universitaire et sur la place de la recherche.
Une tribune qui relance le débat
Cette tribune intervient alors que le gouvernement envisage de nouvelles pistes pour financer l'enseignement supérieur. Elle a déjà suscité de nombreuses réactions, notamment parmi les syndicats étudiants qui dénoncent une « marchandisation » de l'université.
Les signataires concluent en affirmant que « l'université est un bien commun » et qu'il faut « investir massivement » dans son avenir, plutôt que de faire peser le coût sur les étudiants. Ils appellent les décideurs à « écouter la communauté scientifique et étudiante » avant de prendre toute décision.



