Le Fonds d'insertion des personnes handicapées dans la fonction publique (FIPHFP), devenu un acteur central des politiques d'inclusion, se trouve aujourd'hui victime de son succès. Selon un courrier consulté par l'AFP mercredi, l'organisme réclame un débat parlementaire pour relever le taux d'emploi légal des personnes handicapées, actuellement fixé à 6 %, car ce seuil met en péril son modèle économique.
Un cap historique franchi
Créé en 2005, le FIPHFP mène des actions pour accompagner les travailleurs handicapés : accessibilité numérique, accompagnement des handicaps psychiques, formation des encadrants, etc. Mi-avril, pour la première fois, le taux d'emploi de personnes handicapées dans la fonction publique a dépassé le seuil légal de 6 %, atteignant 306 910 agents bénéficiaires de l'obligation d'emploi des travailleurs handicapés (BOETH) sur environ 6 millions d'agents. Le FIPHFP avait salué un « cap historique » dans l'inclusion, rappelant qu'à sa création, ce taux n'était que de 3,55 %.
Un financement paradoxal
Cette avancée fragilise pourtant le fonds, dont les ressources proviennent des contributions des employeurs publics qui ne respectent pas l'obligation d'emploi. Selon une délibération interne consultée par l'AFP, « plus le FIPHFP atteindra les objectifs de sa mission, plus ses moyens d'intervention diminueront ». En effet, lorsque les employeurs publics embauchent davantage de personnes handicapées, ils versent moins de contributions, réduisant ainsi le budget du fonds.
Le FIPHFP demande donc une révision du taux légal pour assurer sa pérennité. « Il est essentiel d'ouvrir un débat parlementaire pour adapter le cadre légal à la réalité de l'inclusion », indique le courrier. Sans changement, le fonds risque de voir ses moyens diminuer alors que les besoins d'accompagnement restent importants.



