Le parc zoologique de Fréjus, situé au 240 rue Masquefa, fermera définitivement ses portes au public le 27 novembre prochain. En attendant, les soigneurs continuent de prendre soin des quelque 450 animaux avec le même dévouement, malgré l'incertitude qui pèse sur leur avenir. La direction, qui a repris le parc en mars 2025, cherche activement un nouveau terrain pour accueillir les pensionnaires.
Une routine inchangée malgré le compte à rebours
Chaque matin, les gestes sont les mêmes. Les soigneurs ouvrent les enclos, distribuent les repas, observent les comportements, échangent quelques mots auxquels les animaux semblent parfois répondre d'un simple regard. En apparence, rien n'a changé au parc zoologique de Fréjus. Pourtant, derrière cette routine soigneusement entretenue par des passionnés et des amoureux de la nature, chacun sait qu'un compte à rebours est enclenché. Dans quatre mois, l'ensemble du parc devra quitter définitivement ce terrain qu'il occupe depuis 1971.
Mais déplacer un zoo ne consiste pas seulement à transporter des animaux d'un point A à un point B. « Il faut composer avec l'âge de certains pensionnaires, préserver des groupes qui vivent ensemble depuis des années, éviter des séparations susceptibles de provoquer du stress, imaginer des installations adaptées à chaque espèce... Et surtout continuer à offrir à tous ces animaux la sérénité qu'ils méritent », assure la cheffe animalière Valérie Mandier.
Le parc reste ouvert jusqu'au 31 août
Avant la fermeture définitive, le parc a fait le choix de laisser ses portes ouvertes au grand public jusqu'au 31 août, tous les jours de 9 h à 18 h. Les soigneurs continuent de prendre soin de leurs pensionnaires, tout en ayant, dans un coin de leur tête, un déménagement aussi inédit que délicat. Christophe Garreau, le propriétaire exploitant qui a repris le parc en mars 2025, s'efforce chaque jour de trouver un terrain et une solution viable pour ces 450 animaux et les vingt soigneurs.
« Quand je suis arrivé l'an dernier, j'ai voulu qu'on passe de 8 à 20 personnes travaillant au sein de ce parc, assure-t-il. En imaginant réussir à s'installer bientôt sur un nouveau terrain, le but est de progresser jusqu'à 300 000 visiteurs par an, et pour cela être entre 50 et 60 au sein du personnel. » Une belle ambition pour ce passionné qui a déjà pu, chiffres à l'appui, réaliser de belles choses au sein de l'autre zoo en sa possession, à Sanary (d'1,2 hectare) : « Quand je l'ai repris en 2010, on avait 20 000 visiteurs par an, dix ans après, on dépassait les 120 000 visiteurs. »
La conservation des espèces au cœur des priorités
Toutefois, le parc zoologique n'a pas que pour but le divertissement du public, mais aussi et surtout la conservation des espèces par l'élevage en milieu contrôlé, la pédagogie (notamment envers le jeune public) et la recherche scientifique. « On laisse les très grands animaux pour les parcs du Nord de la France, où le coût de l'hectare est moins élevé. Ici l'objectif est de contribuer, nous aussi, à la protection, la recherche et la biodiversité des animaux de moindre taille. Chaque parc est en lien avec ses collègues et nous aussi avons un rôle à jouer. On a une expérience et un savoir-faire qu'il serait dommage de gaspiller », insiste le directeur.
Sa collègue Valérie Mandier donne des exemples : « Les cerfs du père David qu'on a ici ne vivent plus qu'en captivité. Là, un peu plus loin, on a une outarde kori qu'on ne trouve pas ailleurs dans les parcs européens. Tout comme, plus loin, deux hyènes rayées : elles sont très rares, car très compliquées à entretenir, mais très intéressantes à avoir pour la recherche scientifique (mieux comprendre cet animal) et sa conservation. »
La flore aussi concernée
Au détour d'un enclos, le public doit se faufiler entre quelques beaux pins. « On a ici plus de 400 arbres dans ce parc. Ça fait mal au cœur de savoir qu'ils vont disparaître aussi. On pense à la faune, mais à la flore aussi », lancent en chœur deux soigneurs. En refermant la porte d'un enclos, Valérie Mandier esquisse un sourire en regardant ses pensionnaires. « Eux vivent au jour le jour. Ils nous font confiance. Regardez Quibdo et Gégé : deux singes atèles très amis, qui supporteraient mal d'être séparés. C'est ce qu'on veut éviter ! »
Au sein du parc, le compte à rebours est pourtant lancé. Mais tant que les animaux sont là, une seule chose compte encore : continuer, 24 heures sur 24, à prendre soin d'eux comme si rien n'allait changer. Ils ne demandent qu'un peu de votre attention et votre bienveillance !
Parc zoologique au 240, rue Masquefa, Fréjus. Ouvert jusqu'au 31 août tous les jours de 9 h à 18 h. Tél. 04.98.11.37.37



