Xenia Fedorova quitte la France après rejet de son recours
Xenia Fedorova quitte la France après rejet de son recours

Le tribunal administratif de Paris a rejeté, ce lundi 3 août, le recours en référé-liberté déposé par Xenia Fedorova, figure pro-Poutine de CNews, contre son expulsion du territoire français et le gel de ses avoirs. Peu après, son avocat, Emmanuel Piwnica, a annoncé que sa cliente avait déjà quitté la France, étant « déjà à l'étranger, en vacances, lorsqu'elle a été informée des mesures prises à son encontre ». Elle ne prévoit de revenir que si l'arrêté d'expulsion est suspendu ou annulé.

Les motifs du rejet

Dans sa décision, le tribunal administratif a souligné que Xenia Fedorova n'avait exposé « aucun besoin de sortir du territoire parisien », n'avait « sollicité aucune autorisation auprès du préfet de police » et s'était contentée d'indiquer, « sans aucune précision, que l'obligation de pointage lui cause une gêne ». En conséquence, « le juge des référés a estimé que la condition d'extrême urgence ne pouvait être retenue ».

Les magistrats ont précisé que la chroniqueuse avait le choix entre deux procédures : le référé suspension, qui exige la démonstration d'une urgence, et le référé liberté, qui requiert une extrême urgence justifiant des mesures dans les quarante-huit heures. Elle a opté pour la seconde, mais cette procédure « ne pouvait pas se limiter à invoquer des présomptions qui ne s'appliquent pas à sa situation, mais devait faire état des graves incidences personnelles résultant pour elle des décisions contestées, ce qu'elle ne (fait) pas dans sa requête ».

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Une figure de la propagande russe

Xenia Fedorova, âgée de 45 ans, est accusée d'être « un relais des campagnes de désinformation pilotées par les autorités russes » pour « déstabiliser l'ordre public » en France. Elle intervient régulièrement sur CNews, Europe 1 et dans l'hebdomadaire « Le JDNews », où elle défend les positions du Kremlin. Selon « Le Monde », des eurodéputés du groupe centriste Renew avaient réclamé des sanctions à l'UE contre elle, la qualifiant de « propagandiste russe notoire » et lui reprochant des « narratifs grossièrement manipulatoires sur la guerre en Ukraine et à l'égard de l'UE ».

Ancienne dirigeante de la branche française de Russia Today (RT France), dont l'antenne est interdite dans l'Union européenne depuis mars 2022, elle était assignée à résidence depuis mercredi. Elle est également interdite de territoire en Allemagne. La semaine dernière, un arrêté ministériel d'expulsion et le gel de ses avoirs ont été pris à son encontre en France.

Réactions et défense

Sur son compte X, Xenia Fedorova s'est défendue : « Mon comportement (…) consiste à vivre en France depuis près de dix ans dans le respect de la loi, à payer mes impôts, mais aussi à avoir une opinion et à l'exprimer dans le cadre de mon travail de journaliste ». Ses employeurs, Canal+ et Lagardère, ont dénoncé dans un communiqué commun « une atteinte particulièrement grave à la liberté d'expression ».

Le ministre de l'Intérieur, Laurent Nuñez, a affirmé sur RTL que cet arrêté n'était « pas une atteinte à la liberté d'expression », mais qu'il était justifié par « de nombreux propos qu'elle a pu tenir et qui systématiquement reprennent la propagande du Kremlin sur l'engagement de la France » et sur « les motivations de l'agression russe en Ukraine ». De son côté, le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, a expliqué dans « La Provence » que « ce qui est en cause, c'est que Mme Fedorova est une citoyenne russe qui est venue en France comme agente d'influence pour relayer la propagande russe, avec les méthodes du Kremlin, et perturber ainsi notre débat public et démocratique ».

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