Depuis décembre 2024, Marlène Berger, 42 ans, élève seule ses deux enfants chez sa mère à Nice, faute d'avoir obtenu un logement social. Malgré de multiples demandes déposées à proximité de son lieu de travail, à Villeneuve-Loubet, la mère de famille n'a reçu aucune réponse positive. Cette situation précaire l'a poussée à témoigner publiquement, un acte qu'elle juge essentiel pour briser le silence autour des violences conjugales et alerter sur le manque de solutions de logement pour les femmes victimes.
Un parcours marqué par les épreuves
Avant de fuir son conjoint, Marlène Berger a déjà surmonté de lourdes épreuves. Passionnée d'écriture depuis l'enfance, elle se destine au journalisme et remporte le concours des jeunes futurs journalistes de Nice-Matin trois années consécutives, de 1996 à 1998. « Je sentais que ce métier était fait pour moi », se souvient-elle. Mais à 20 ans, alors qu'elle étudie à l'École du journalisme de Nice, un accident de scooter contre un poids lourd la plonge dans un coma artificiel. Elle se réveille avec de multiples fractures et doit suivre huit mois de rééducation en fauteuil roulant. Son rêve s'effondre : « Je ne pouvais plus écrire, ni me concentrer, ni me rendre auprès des gens. »
Soutenue par sa mère, elle se réinvente. À 23 ans, elle crée une agence de nettoyage à domicile. Vingt ans plus tard, elle exerce toujours ce métier, qu'elle qualifie de passionnant, dans un cadre qu'elle juge « fantastique » aux Hauts-de-Vaugrenier, à Villeneuve-Loubet. « Ça m'a permis de trouver un équilibre financier pour élever mes enfants et de me soulager mentalement », confie-t-elle. Mais à la maison, elle subit un autre calvaire : les violences de son conjoint.
La fuite et l'absence de solution de logement
Après des années de violences, Marlène profite de la garde à vue de son compagnon, depuis condamné pour ces faits, pour s'enfuir avec ses enfants et se réfugier chez sa mère. « Il m'étranglait, je sentais que ma sécurité et surtout celle de mes enfants étaient vraiment en jeu et qu'il me fallait agir vite », raconte-t-elle. Depuis, elle a pu se reconstruire grâce à ses proches et à son travail, mais l'absence de logement reste un obstacle majeur.
Malgré ses demandes répétées de logement social à proximité de son travail, toutes ont été refusées. Elle vit donc toujours chez sa mère, une situation intenable à long terme. « Il est très important de parler de ce sujet car c'est une des principales raisons pour lesquelles beaucoup de femmes violentées ne quittent pas leur conjoint, explique-t-elle. J'ai la chance d'avoir ma mère mais pour beaucoup, partir signifierait se retrouver à la rue sans logement et potentiellement avec des enfants. Elles prennent donc le risque de rester avec quelqu'un de dangereux. »
Un appel à l'action et des chiffres alarmants
Marlène dénonce « l'inaction » des services de l'État et appelle les femmes à témoigner : « Il faut que les femmes témoignent pour faire avancer les choses car nous ne sommes pas assez protégées. » Selon le site spécialisé Noustoutes, depuis le début de l'année 2026, 79 femmes sont mortes sous les coups de leur conjoint. Un chiffre qui souligne l'urgence d'agir sur tous les fronts, y compris le logement, pour permettre aux victimes de se mettre à l'abri durablement.



