Le tribunal correctionnel de Nîmes a jugé, ce mardi 5 mai, un armurier de 66 ans pour avoir vendu un fusil à pompe à un individu non titulaire d’une autorisation de port d’arme. Cette transaction, réalisée le 4 janvier 2022, a eu des conséquences graves : l’arme a été utilisée peu après dans une tentative d’assassinat, pour laquelle l’acheteur a été condamné à douze ans de prison.
Un armurier en difficulté financière
À la barre, l’armurier a reconnu avoir transgressé la réglementation sur la détention d’armes. Il s’est expliqué sur les raisons de son geste : "C’était la période Covid, j’avais plus d’argent. Ma femme m’attaquait en justice pour que je vende ma maison. Il fallait que je paie l’avocat." Le président du tribunal l’a interpellé : "Pourquoi vous avez fait ça ?" L’homme, l’air honteux, a évoqué une période compliquée.
La défense plaide l’abus de confiance
Son avocat, Me Arthur Maurel, a insisté sur le fait que son client avait été abusé par l’acheteur, qui se présentait comme un collectionneur d’armes. "Quand quelqu’un veut acquérir une arme sans autorisation, c’est rarement pour collectionner, c’est plutôt pour une raison obscure. Cette erreur aurait pu coûter cher", a rétorqué le procureur. Ce dernier a requis six mois de sursis, 1 500 euros d’amende et cinq ans d’interdiction de port d’armes.
Une peine clémente pour un parcours exemplaire
La défense a mis en avant le "parcours exemplaire" de l’armurier, proche de la retraite, et "qui n’a commis aucun incident, aucune entorse". Me Maurel a plaidé pour que la peine complémentaire ne soit pas retenue, estimant qu’une telle interdiction allait "anéantir toute la carrière professionnelle de Monsieur". Le tribunal a entendu cette demande et a finalement condamné l’armurier à trois mois de prison avec sursis simple, sans amende ni interdiction de port d’armes.



