Var : le préfet demande 24 expulsions de logements sociaux pour trafic de drogue
Var : 24 expulsions de logements sociaux pour trafic de drogue

Le préfet du Var, Simon Babre, a annoncé ce mardi à Toulon avoir effectué 24 demandes d'expulsion de bénéficiaires de logements sociaux impliqués dans des trafics de stupéfiants. Ces mesures s'inscrivent dans le cadre des nouveaux pouvoirs de police octroyés par la loi « Pour sortir la France du piège du narcotrafic », adoptée en juin 2025.

Deux expulsions déjà exécutées

Selon le préfet, deux locataires ont déjà été expulsés après validation par le tribunal judiciaire de Toulon. Il cite le cas d'une mère de famille dont le fils utilisait l'appartement pour stocker des armes et des produits stupéfiants. Un troisième dossier, concernant un logement dans la résidence Romain-Rolland à La Garde, sera prochainement examiné, précise le procureur de la République de Toulon, Raphaël Balland.

Interdictions administratives de paraître

Outre ces expulsions, le préfet a émis 124 interdictions administratives de paraître visant à éloigner la main-d'œuvre des points de deal. Vingt de ces interdictions concernent des personnes résidant hors du département, notamment en Île-de-France, recrutées via les réseaux sociaux.

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Le quartier du Val des Rougières, à Hyères, abrite l'un des treize points de deal recensés dans le Var. La direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) revendique 37 opérations de démantèlement, dans un contexte d'ubérisation du trafic : le nombre de points de deal physiques est passé de 35 à 13, selon l'office antistupéfiants (Ofast). « On a des personnes qui livrent à domicile ou dans la rue », explique Jérôme Martin, chef de la DIPN.

Mutation du trafic et banalisation de la consommation

Les gendarmes et les douaniers observent une mutation du trafic avec un fractionnement des saisies : les quantités sont moindres mais plus fréquentes, analyse Myriam Soula, directrice régionale de la douane. Par ailleurs, les forces de l'ordre constatent une banalisation de la consommation de drogue. Les conduites après usage de stupéfiants sont devenues la première cause de retrait de permis, indique le colonel Grégory Goumain, commandant le groupement départemental de gendarmerie.

Selon Joséphine Guigliano-Boutonnet, directrice de cabinet du préfet, la moitié des victimes d'accidents de la route en 2026 (tuées ou blessées) étaient sous l'empire de stupéfiants. À cette insécurité routière s'ajoutent des phénomènes de violence, alertent les autorités.

Appel à une prise de conscience collective

Le procureur de la République de Toulon insiste : « La lutte contre les trafics de stupéfiants doit rester à un niveau très important. C'est un enjeu de santé publique et de société. » Le préfet et le procureur appellent les consommateurs à une prise de conscience collective.

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Chiffres-clés en 2026

  • 440,37 kg de cannabis saisis sur les cinq premiers mois de 2026, soit une hausse de 85 %.
  • 5 commerces fermés par arrêté préfectoral pour vente de stupéfiants.
  • 780 conduites sous stupéfiants ont donné lieu à 295 procédures de découverte de cannabis depuis le 1er janvier 2026.