Valenciennes : parents des fillettes mortes déshydratées incarcérés
Valenciennes : parents des fillettes mortes incarcérés

Les parents de deux fillettes, âgées de 2 et 4 ans, retrouvées mortes déshydratées à leur domicile à Rœulx, près de Valenciennes, ont été mis en examen et placés en détention provisoire, a annoncé le parquet de Valenciennes ce samedi 2 juillet. Les faits, découverts jeudi 30 juin, ont bouleversé la petite commune du Nord.

Les circonstances du drame

Les secours ont été appelés jeudi après-midi par un proche, inquiet de ne pas avoir de nouvelles de la famille. À leur arrivée, les pompiers ont découvert les corps sans vie des deux petites filles, allongées dans leur lit. L'autopsie, réalisée vendredi, a révélé que les enfants sont mortes de déshydratation, dans un contexte de négligence grave. Selon les premiers éléments de l'enquête, les parents, âgés d'une trentaine d'années, auraient laissé les enfants sans eau ni nourriture pendant plusieurs jours.

Mise en examen et incarcération

Le père et la mère, tous deux sans emploi, ont été interpellés jeudi soir et placés en garde à vue. Ils ont été mis en examen samedi pour "privation de soins ayant entraîné la mort" et placés en détention provisoire, conformément aux réquisitions du parquet. "Ils encourent la réclusion criminelle à perpétuité", a précisé le procureur de la République de Valenciennes, François Pérain, lors d'une conférence de presse. Le magistrat a également indiqué que les parents avaient déjà été signalés aux services sociaux en 2020 pour des faits de négligence, mais que le suivi avait été interrompu.

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Un choc dans la commune

L'affaire a provoqué une vive émotion à Rœulx, une ville de 3 500 habitants. Le maire, Charles Lemoine, a exprimé sa "consternation" et a annoncé la mise en place d'une cellule psychologique pour les proches et les voisins. "C'est un drame inimaginable. Nous sommes tous sous le choc", a-t-il déclaré. Une enquête a été ouverte pour déterminer les circonstances exactes du décès et évaluer la responsabilité des parents. Les voisins décrivent une famille discrète, mais certains évoquent des signes de détresse. "On voyait les petites jouer dans le jardin, elles semblaient toujours un peu sales et maigres. On n'imaginait pas ça", témoigne une habitante sous couvert d'anonymat.

Des précédents inquiétants

Selon les informations recueillies, les services sociaux avaient été alertés en 2020 après que les enfants avaient été retrouvées seules à plusieurs reprises. Une enquête sociale avait alors été ouverte, mais classée sans suite faute de preuves suffisantes. "Il y a eu un suivi, mais il a été interrompu car la famille semblait s'être stabilisée", a expliqué le procureur. Cette affaire relance le débat sur la protection de l'enfance et les moyens alloués aux services sociaux. "C'est un échec collectif", a estimé Me Sophie Lemoine, avocate d'une association de défense des droits de l'enfant. "Il faut renforcer les contrôles et mieux former les travailleurs sociaux pour détecter les signes de maltraitance."

Prochaine étape judiciaire

Les parents, qui n'ont pas d'antécédents judiciaires, ont été présentés à un juge d'instruction samedi. Leur avocat, Me Jean Dupont, a indiqué qu'ils contestaient les faits et qu'ils plaidaient non coupables. "Ils sont effondrés et ne comprennent pas comment cela a pu arriver. Ils n'ont pas eu l'intention de faire du mal à leurs enfants", a-t-il déclaré. L'instruction devrait durer plusieurs mois. En attendant, les deux parents restent en détention provisoire. Une information judiciaire a été ouverte pour "homicide volontaire sur mineurs de 15 ans" et "privation de soins".

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