Depuis 2020, les habitants de Champagnier, une commune située au sud de Grenoble, dénoncent des nuisances olfactives insoutenables provenant d'une usine spécialisée dans la fabrication d'enrobés pour la voirie publique. La société GME (Grenobloise de matériaux enrobés) a pris une décision radicale : tout détruire et tout reconstruire. Une manière plutôt radicale de régler un conflit de voisinage.
Un enfer pour les riverains
En 2023, la société GME a annoncé la démolition de son site pour le reconstruire avec des technologies plus avancées. Cette décision intervient après plusieurs années d'échanges, parfois tendus, avec les habitants de Champagnier, qui se plaignaient de l'odeur de l'usine. L'une des résidentes témoigne ainsi d'"enfer" et d'"odeurs terribles", au Dauphiné Libéré. Les fenêtres doivent rester fermées en permanence.
Les causes des nuisances
Le mélange de granulats et de bitume appliqué à haute température développe de fortes odeurs, empêchant même les habitants d'ouvrir leurs fenêtres ou de sortir sur leur terrasse. Pourtant, l'usine est installée aux Isles de Champagnier depuis 1987. "GME a toujours émis des odeurs, mais pendant longtemps, Polyméry, situé à côté, sentait plus fort !", explique Florent Cholat, maire de la commune. Ce n'est qu'après la fermeture de Polyméry en 2006 que les nuisances olfactives ont commencé à être dénoncées. Mais c'est à partir de 2020 que le problème s'est intensifié.
Des solutions inefficaces
La société a tenté des solutions, en changeant des matériaux ou encore en utilisant des huiles essentielles d'amande. En vain. Face à l'échec, elle prend une décision radicale en 2023 : faire table rase, partir de zéro. Pour un coût total de 8 millions d'euros, GME va démolir ses installations actuelles pour en construire de nouvelles, plus performantes et "vertueuses". La réouverture de l'usine est prévue en mai 2027.



