Le kuru, une maladie neurodégénérative incurable, a décimé le peuple Fore en Papouasie-Nouvelle-Guinée, conséquence directe de pratiques funéraires cannibales. Identifiée dans les années 1950, cette pathologie a été reliée à la consommation rituelle des défunts, une tradition qui a conduit à l'interdiction du cannibalisme en 1954 et à la disparition progressive de la maladie.
Une épidémie liée aux rites mortuaires
Entre 1957 et 2004, plus de 2 700 cas de kuru ont été recensés chez les Fore. La maladie se transmettait lors de funérailles où les proches consommaient le cerveau et d'autres organes du défunt par respect, selon les croyances locales. Les femmes et les enfants, plus souvent impliqués dans ces rites, étaient les plus touchés.
Découverte scientifique et prix Nobel
Le virologue américain Carleton Gajdusek a démontré le caractère infectieux du kuru en 1966, ce qui lui a valu le prix Nobel de médecine en 1976. Ses travaux ont ouvert la voie à la compréhension des prions, des agents pathogènes responsables de maladies comme la vache folle.
Disparition progressive après l'abandon du cannibalisme
L'abandon du cannibalisme, encouragé par les autorités australiennes et les missionnaires, a entraîné une diminution rapide des nouveaux cas. Aucun décès n'a été signalé depuis 2005, mais des cas tardifs ont été observés chez des personnes ayant participé aux rites dans les années 1950, avec une incubation pouvant dépasser 50 ans.



