Le coût de la vie étudiante en France a augmenté de 1,66% sur un an en 2026, et de plus de 35% depuis l'élection d'Emmanuel Macron en 2017, selon l'enquête annuelle du syndicat étudiant Unef publiée ce lundi 17 août 2026. Le reste à charge mensuel moyen des étudiants, après déduction des aides, s'élève désormais à 1.300 euros, soit 74 euros de plus qu'en 2025.
Des hausses généralisées sur tous les postes de dépenses
L'Unef attribue cette augmentation principalement à la hausse des loyers, des transports et de l'alimentation. Le loyer moyen dans le privé atteint 627,11 euros par mois, en hausse de 2,87% sur un an, tandis que celui en résidence Crous progresse de 1,04% pour s'établir à 426,36 euros. Les dépenses de transport pour un étudiant non boursier augmentent de 2,29%, soit 278,59 euros en moyenne, et l'inflation des produits alimentaires s'élève à 0,87%.
Depuis 2017, les frais d'inscription à l'université ont bondi de 37%, notamment en raison de la contribution de vie étudiante et de campus (CVEC), passée de 90 euros à sa création en 2018 à 105 euros pour la prochaine rentrée. Cette mesure, combinée à d'autres, illustre selon le syndicat une « logique plus large de désengagement de l'État de ses missions de service public dans l'enseignement supérieur ».
Les étudiants étrangers et ultramarins particulièrement touchés
L'étude souligne que les étudiants étrangers extracommunautaires sont les « premières victimes des politiques austéritaires du gouvernement », avec un coût de la vie deux fois plus élevé, en raison de la suppression des aides personnalisées au logement (APL) depuis l'été et de frais d'inscription différenciés. Les étudiants des Outre-mer sont également pointés comme « les grands oubliés des politiques publiques », déboursant entre 314 et 408 euros de plus par an que ceux de l'Hexagone.
« Ces chiffres catastrophiques cachent des vies d'étudiants qui doivent travailler en parallèle ou abandonner leurs études parce qu'ils n'ont pas les moyens de subvenir à leurs besoins », a déclaré à l'AFP la secrétaire générale de l'Unef, Manon Moret. Elle a également dénoncé des universités « chroniquement sous-financées », des Crous « étouffés sous les coupes budgétaires », une réforme des bourses « enterrée » et des promesses de logements étudiants « jamais tenues ».
Un bilan alarmant après dix ans de pouvoir
L'Unef présente cette enquête comme un « bilan des dix ans au pouvoir d'Emmanuel Macron », estimant que « la précarité n'est pas un accident de la politique gouvernementale, elle en est devenue le résultat assumé ». Ces chiffres interviennent alors que les étudiants doivent faire face à une rentrée 2026 marquée par des coûts en hausse, malgré les aides existantes.



