Trafic XXL de cigarettes jugé à Alès : un système cloisonné
Trafic de cigarettes à Alès : un système cloisonné

Depuis ce mardi 5 mai, douze prévenus sont jugés au tribunal d’Alès (Gard) pour avoir participé à un immense réseau de vente et de contrebande de tabac. Entre vendeurs, convoyeurs et donneurs d’ordres, l’enquête établit un système très bien rodé dont le procès devrait prendre fin ce mercredi 6 mai.

Un recrutement via les réseaux sociaux

À l’origine, tout passe par les réseaux sociaux. “C’est que les réseaux, rien d’autre”, résume l’un des principaux mis en cause, originaire des Salles-du-Gardon. Les contacts se font exclusivement en ligne, sans rencontre directe, et permettent d’entrer rapidement dans le circuit. Lui ne faisait “que” vendre. Pourtant, un important système logistique se tissait en arrière-plan.

“Je ne connais absolument personne dans cette salle”, martèle un autre prévenu, illustrant le cloisonnement du réseau.

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Une logique de convoyeurs

Le trafic repose sur une succession d’intervenants, chacun chargé d’une tâche précise : approvisionnement, chargement, transport ou revente. Une chaîne segmentée où les rôles se recoupent rarement. À la barre, les convoyeurs décrivent un fonctionnement quasi automatique. “Je faisais juste ce qu’on me disait. Je voyais personne, on me disait où trouver le véhicule et ses clés. Je montais, je démarrais. J’allais d’un point A à un point B”, explique l’un d’eux.

Les déplacements s’effectuent sans coordination visible entre les participants. Les instructions sont transmises à distance, souvent au dernier moment. “Va à telle ville, à tel kilométrage. Attends tel camion, et suis-le”, rapporte un prévenu. Les itinéraires relient le nord de la France et la Belgique au sud, à Nîmes, Alès et Arles.

Tout le monde travaille sans se connaître

Le système repose sur une séparation stricte des communications. Plusieurs mis en cause évoquent l’usage de téléphones dédiés. “On ne contactait jamais sur nos téléphones. On en trouvait dans les véhicules”, assure l’un d’eux, décrivant des échanges à base de pseudonymes. “Je n’ai jamais vu qui chargeait ou déchargeait”, témoigne un porteur.

Sur la route, la logistique s’organise autour de plusieurs véhicules aux fonctions distinctes. Certains transportent la marchandise, les “porteurs”, d’autres ouvrent ou ferment les convois. Une mécanique qui permet d’anticiper d’éventuels contrôles routiers et de maintenir à distance les différents acteurs. Dans cet ensemble, chacun affirme n’avoir qu’une vision partielle du trafic. “Je décidais rien du tout”, répètent plusieurs prévenus.

Ce fonctionnement fragmenté rend l’organisation plus difficile à appréhender dans son ensemble. La suite de l’audience, ce mercredi, devra déterminer qui tirait les rênes de cette organisation.

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