L'audience d'une vaste affaire de trafic de stupéfiants, entre 2022 et 2024, impliquant neuf mis en cause, devait se tenir ce jeudi 23 juillet 2026. Après un premier renvoi en mai, elle a de nouveau été renvoyée.
Onze pages de rôle, neuf prévenus et deux renvois
Six des neuf mis en cause étaient présents ce jeudi 23 juillet au tribunal judiciaire d'Alès. Quatre d'entre eux comparaissaient sous contrôle judiciaire. Les deux autres, en détention provisoire depuis mars 2024, risquaient des peines allant jusqu'à dix ans de prison, dans le cadre d'une "participation à association de malfaiteurs".
L'un de ces deux hommes, Samy A., "n'est pas là volontairement", a précisé dès l'ouverture son avocat évoquant un pourvoi en cassation de son client contre l'ordonnance de renvoi. Il a aussi indiqué que la saisie du tribunal n'est pas définitive. Constat finalement partagé par les magistrats, qui ont accepté un deuxième renvoi du dossier en août.
Maintien en détention contesté
En attendant cette date, la situation des prévenus ne changera pas, selon les mesures de sûreté requises par la substitut du procureur Cindy Fernandez. Des réserves ont été immédiatement émises par la défense. L'avocat de Cloé B., l'une des prévenues, a contesté son maintien sous contrôle judiciaire qu'il trouve excessif et contraignant pour cette mère de cinq enfants. Il a rappelé également que cette femme de 35 ans a "toujours été respectueuse de la procédure".
"C'est presque du racisme ordinaire !"
Les mesures de prévention concernant le compagnon de cette mère de famille, lui dans le box des accusés, ont suscité une objection plus vigoureuse de Maître Saïd Harir. En effet, la substitut a requis le maintien en détention de Farid G., mettant en avant son "rôle prépondérant dans l'affaire" et un "risque de fuite". Ce sont surtout les propos évoquant des "liens à l'étranger" qui ont fait bondir l'avocat. "Mon client est né et travaille en France, où ses enfants sont scolarisés. Est-ce parce qu'il s'appelle Farid et porte une barbe ? C'est presque du racisme ordinaire !"
Le juriste a dénoncé la détention de cet homme de 39 ans, derrière les barreaux depuis 28 mois. Il a rapporté avoir fait de nombreuses demandes, telles une expertise patrimoniale, qui sont restées lettre morte. Alors que son client a assuré sans détour, "ce dossier a été bâclé de A à Z", son avocat a nuancé pudiquement : "Il y a de nombreuses choses qui n'ont pas été entreprises."



