Tadej Pogacar et Jonas Vingegaard, respectivement premier et deuxième au classement général du Tour de France, ont été réveillés en pleine nuit ce dimanche 19 juillet pour un contrôle antidopage inopiné avant la première étape de montagne dans les Alpes. Les deux coureurs ont confirmé l'information en zone mixte au départ de la 15e étape à Champagnole.
Des horaires controversés
Le maillot jaune Tadej Pogacar a expliqué avoir été réveillé à 5 heures du matin. « J'ai dormi 4 heures cette nuit. C'était le contrôle à 5 heures du matin. Je me couche toujours tard. Ça a été un gros choc pour moi de n'avoir que 4 heures de sommeil », a déclaré le quadruple vainqueur du Tour, qui est déjà testé quotidiennement en tant que leader. « Je n'ai pas réussi à me rendormir, donc je me détendais, j'écoutais quelques vieux tubes d'Eminem. Et je faisais des cafés. J'arrive sur-caféiné ce matin. Ce n'était vraiment pas agréable de se réveiller en plein milieu de doux rêves », a-t-il ajouté, tout en restant de bonne humeur.
Jonas Vingegaard, son dauphin, a été réveillé encore plus tôt, à 2 heures du matin. « Je pensais qu'ils n'avaient pas le droit, mais apparemment si », a commenté le Danois, qui estime avoir mis « 40 minutes à se rendormir ». Il a ajouté : « Je me sens bien même si je n'ai pas très bien dormi. Je pense que c'est bien de nous tester, mais pas lorsque cela affecte nos performances ou notre sommeil. Tester à 2 heures du matin, ça dépasse les bornes à mon avis. »
Des réactions indignées dans les équipes
Dans l'équipe Visma-Lease a bike, la colère était palpable. Le coéquipier américain de Vingegaard, Matteo Jorgenson, n'a pas caché son exaspération : « On m'a demandé de garder mon opinion pour moi mais c'est un manque total de respect envers les coureurs. On fait énormément d'efforts pour essayer de récupérer, c'est crucial, surtout entre deux étapes de montagne aussi dures. Et on vous réveille à 2 heures du matin. Ça me rend furieux. »
De son côté, Pogacar a tenu à relativiser et à montrer de la compréhension envers les contrôleurs : « Je suis aussi désolé pour les gars qui viennent contrôler. Parce que j'imagine que certains coureurs s'énervent contre eux, mais ce n'est pas de leur faute. C'est celle des types qui les envoient. Les gars qui nous contrôlent ne font que leur travail. » Il a précisé : « Je vais tous les jours au contrôle antidopage lorsque je porte le maillot jaune. Et en plus, ils viennent de façon aléatoire le matin pendant le Tour. Et aujourd'hui, ils ont choisi la nuit. »
Un cadre strict mais contesté
Sur le Tour de France, les contrôles antidopage sont effectués par l'International Testing Agency (ITA), un organisme indépendant auquel l'Union cycliste internationale (UCI) a délégué son programme antidopage en 2021. Cette structure est censée garantir l'impartialité des tests, mais les horaires choisis suscitent des interrogations. Les coureurs sont soumis à des contrôles réguliers, mais l'impact sur leur sommeil, élément clé de la récupération, est critiqué par les principaux intéressés.



