Le 15 juillet 2024, le Tour de France traverse le département de l'Allier, et avec lui, son cortège de mesures de sécurité drastiques. Les autorités ont pris un arrêté préfectoral interdisant la consommation d'alcool et l'utilisation de barbecues sur l'ensemble du parcours de l'étape. Une décision qui passe mal auprès des riverains, habitués à faire la fête lors du passage de la Grande Boucle.
Un arrêté préfectoral contesté
L'arrêté, publié le 10 juillet, stipule que « la détention et la consommation de boissons alcoolisées, ainsi que l'utilisation de barbecues, sont interdites sur la voie publique et dans les espaces ouverts au public situés le long du parcours de l'étape du Tour de France ». La mesure s'applique de 8 heures à 20 heures le jour de l'étape. Les contrevenants s'exposent à une amende de 135 euros.
Selon la préfecture de l'Allier, cette interdiction vise à « prévenir les risques d'incendie et garantir la sécurité des coureurs et du public ». En effet, le parcours traverse des zones boisées et des champs de céréales, particulièrement secs en cette période estivale. Les barbecues pourraient provoquer des départs de feu, tandis que l'alcool est associé à des comportements à risque.
La colère des habitants
Mais pour de nombreux habitants, cette interdiction est vécue comme un « excès de zèle » et une « atteinte à la convivialité ». « C'est un jour de fête, ils nous font chier avec leurs interdictions », fulmine Jean-Pierre, un habitant de Saint-Pourçain-sur-Sioule, cité par le journal local. « Chaque année, on sort le barbecue, on boit un coup entre voisins pour voir passer le Tour. C'est ça l'esprit de la course. »
Sur les réseaux sociaux, la grogne monte. Des groupes Facebook appellent à « résister » et à organiser des barbecues « sauvages » malgré l'interdiction. Certains menacent même de porter plainte pour « atteinte aux libertés individuelles ».
Des précédents dans d'autres départements
L'Allier n'est pas le premier département à prendre ce type de mesures. En 2023, le Gers avait interdit l'alcool sur le parcours d'une étape, et en 2022, la Drôme avait fait de même. À chaque fois, la décision avait suscité des controverses. Les organisateurs du Tour de France, de leur côté, rappellent que la sécurité est une priorité absolue et que ces mesures sont prises en concertation avec les préfectures.
Le maire de Moulins, Pierre-André Périssol, se dit « partagé » : « Je comprends la frustration des habitants, mais je ne peux pas cautionner des comportements dangereux. Il faut trouver un équilibre entre la fête et la sécurité. »
Un enjeu de sécurité majeur
La question de la sécurité lors du Tour de France est prise très au sérieux depuis les attentats de 2016 à Nice, où un camion avait foncé dans la foule lors de la fête nationale. Depuis, les mesures de sécurité se sont renforcées chaque année. En 2024, plus de 13 000 forces de l'ordre sont mobilisées sur l'ensemble du Tour, dont 500 dans l'Allier pour cette seule étape.
Le préfet de l'Allier, Jean-Pierre Cazenave-Lacrouts, justifie la décision : « Nous ne voulons pas prendre de risques. Un incendie pourrait être catastrophique pour les coureurs et les spectateurs. Quant à l'alcool, il est source de troubles à l'ordre public. Nous préférons prévenir que guérir. »
Malgré les critiques, l'arrêté reste en vigueur. Les forces de l'ordre effectueront des contrôles tout au long du parcours. Les habitants sont invités à profiter de la course de manière responsable, sans barbecue ni alcool. Une perspective qui gâche la fête pour beaucoup, mais qui semble inévitable dans le contexte actuel.



