Manifestation à Toulon : la France meurtrie par la violence
Toulon : la France meurtrie par la violence

Des affrontements et des pillages ont éclaté en milieu d'après-midi, samedi 17 octobre, à Toulon, lors d'une manifestation. Les images, prises par Camille Dodet pour Var-matin et Nice-matin, montrent une dégradation de l'ordre public qui a profondément marqué les esprits. Ce week-end restera une déchirure pour la France, selon une tribune publiée par nos confrères.

La colère des lycéennes volée par les casseurs

La manifestation, qui devait être un rassemblement de citoyens pacifiques aux revendications légitimes, a été émaillée par des exactions. Trois lycéennes, croisées samedi à Toulon, quittaient le défilé avec leur pancarte en carton à la main baissée, la déception se lisant sur leurs visages. Leur « révolte » pour une meilleure éducation a été volée par les casseurs et les pilleurs.

Ces actes de violence sont perçus comme un déni de ce qui fait la grandeur de la France. Ils viennent « pourrir les colères saines », alors que le pays et le monde brûlent. L'ignorance du terreau de véritables exaspérations est pointée du doigt, alors que de nombreux citoyens se consument, désemparés et angoissés, sans savoir comment agir.

L'école de la République et l'égalité des chances en question

La France, c'est aussi l'école de la République. L'égalité des chances a permis à nombre de ses enfants de réaliser les rêves de leurs 10, 15, 20 ans : devenir ingénieur, ébéniste, pompier, gendarme, aide-soignant, artiste, journaliste. Quelles que soient ses origines ou sa condition sociale, beaucoup sont ce qu'ils sont grâce à cette France des possibles.

Ce week-end de violence interroge sur l'avenir de ces idéaux. La France chantée par Jean Ferrat en 1969 n'est pas celle de Diam's en 2006, ni celle de Trenet en 1947 reprise par le groupe Carte de Séjour. Elle n'est pas non plus celle de Candice Parise, qui avait entonné un chant sur les Champs-Élysées le 14 juillet 2022, au vu des images de ce samedi.

L'unité nationale mise à l'épreuve

La violence de ce week-end a porté atteinte à « l'unité de la patrie », qui fait la richesse du pays. La tribune évoque également le sort des « minots parfois un peu trop gâtés dans notre France libre », en pensant à ceux qui n'ont pas cette chance : les petites filles d'Afghanistan, d'Iran, les mômes du Yémen, de Gaza, d'Ukraine et tant d'autres, dont la tristesse dans les regards déchire le cœur.

Comme l'énonçait Sylvain Tesson, « la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer ». Un paradis un peu perdu ce week-end ? La question reste posée, alors que la France, si chère, doit se demander ce qu'on a fait d'elle.