Andrea Shaw, une Américaine de 23 ans, a comparu devant un tribunal mardi pour le meurtre de ses jumeaux de 18 mois, qu'elle aurait étouffés avant d'attribuer leur décès aux vaccins, selon plusieurs médias américains. Arrêtée fin juin dans l'Idaho, elle est une figure de proue de Children's Health Defense, une organisation anti-vaccins fondée par Robert Kennedy Jr, aujourd'hui ministre de la Santé sous Donald Trump.
Un mensonge en direct
Après la mort de ses enfants en mai 2025, Shaw a participé à une émission de l'association, affirmant les avoir trouvés sans vie dans leur lit. Elle soutenait qu'ils avaient suffoqué huit jours après avoir reçu plusieurs vaccins infantiles, dont ceux contre la grippe, l'hépatite A et le tétanos. L'organisation a utilisé son témoignage pour accuser l'American Academy of Pediatrics de mentir sur la sécurité des vaccins.
Mais une enquête policière qualifiée de "longue et approfondie" a conclu qu'elle avait elle-même étouffé ses jumeaux nés prématurés, soit avec préméditation, soit lors de violences. Elle risque la peine de mort. Son avocat, Joseph Filicetti, a déclaré à l'Idaho Statesman : "Je vais défendre cette affaire comme si elle n'était pas coupable, parce qu'elle ne l'est pas." La juge a ordonné son maintien en détention provisoire sans possibilité de caution.
Une affaire politique
L'affaire a des répercussions politiques car Children's Health Defense a longtemps servi à Robert Kennedy Jr pour promouvoir ses thèses anti-vaccins, contraires aux données scientifiques. Le ministre, qui a notamment lié sans preuve la vaccination à l'autisme, ne s'est pas exprimé sur ce cas. Des experts ont rappelé dans les médias que les vaccins infantiles ne provoquent pas d'asphyxie et ont douté que les jumeaux, non génétiquement identiques, puissent mourir d'une réaction immunitaire simultanée.
Contactée par l'AFP, Children's Health Defense n'a pas répondu. Au sein du gouvernement Trump, Kennedy a lancé une réforme controversée de la vaccination infantile, qui réduirait de sept à zéro le nombre de vaccins recommandés pour tous les enfants, sauf ceux à risque. Cette réforme a été suspendue en mars par la justice.



