Le tribunal administratif donne tort au Collège de France
Tribunal administratif donne tort au Collège de France

Le tribunal administratif de Paris a annulé, mercredi 15 juillet 2026, la décision du Collège de France d'annuler un colloque intitulé « Palestine : histoire, mémoire, droit » qui devait se tenir en novembre 2025. Cette annulation, décidée par l'administration de l'institution, avait suscité une vive polémique dans le monde académique.

Une décision jugée disproportionnée

Dans son jugement, le tribunal a estimé que la décision du Collège de France était « disproportionnée au regard des motifs invoqués ». L'établissement avait justifié l'annulation par des risques de troubles à l'ordre public, mais le tribunal a considéré que ces risques n'étaient pas suffisamment établis. « Aucun élément concret ne démontrait que la tenue du colloque aurait entraîné des perturbations graves », a souligné le juge dans ses conclusions.

Le colloque, organisé par plusieurs chercheurs spécialistes du Proche-Orient, devait aborder des questions historiques, juridiques et politiques liées à la Palestine. Il était soutenu par des organisations académiques internationales. Selon l'avocate des organisateurs, Me Sarah Benichou, « cette décision est une victoire pour la liberté académique et le débat d'idées ».

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Un contexte de tensions

L'annulation initiale était intervenue dans un climat de fortes tensions autour de la question israélo-palestinienne en France. Plusieurs associations pro-israéliennes avaient dénoncé le colloque, l'accusant de partialité. Le Collège de France, sous pression, avait alors choisi d'annuler l'événement. Cette décision avait été critiquée par des centaines d'universitaires, qui y voyaient une atteinte à la liberté d'expression.

Le tribunal a également condamné le Collège de France à verser 3 000 euros aux organisateurs du colloque au titre des frais de justice. L'institution n'a pas encore indiqué si elle ferait appel de ce jugement.

Réactions contrastées

Du côté des organisateurs, la satisfaction domine. « C'est un signal fort pour la communauté universitaire », a déclaré l'un des chercheurs impliqués, le professeur Jean-Michel Landau. « Le tribunal a rappelé que la liberté académique ne peut être sacrifiée sur l'autel de l'opportunité politique. »

En revanche, certaines associations pro-israéliennes ont exprimé leur déception. « Cette décision ouvre la voie à des événements qui peuvent être instrumentalisés par des discours antisémites », a estimé le président de l'Union des étudiants juifs de France, David Cohen. Le Collège de France, de son côté, a pris acte du jugement et étudie les possibilités de recours.

Un précédent pour la liberté académique

Cette affaire pourrait faire jurisprudence en matière de liberté d'expression et d'organisation de colloques universitaires. Plusieurs observateurs notent que le tribunal a insisté sur le fait que les universités et les institutions de recherche ne peuvent pas censurer des débats académiques sous prétexte de controverses politiques. « Le rôle de l'université est de permettre le débat, même sur les sujets les plus sensibles », a conclu le juge.

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