Le 5 août 2026, le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné un homme sans domicile fixe à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention, pour s'être introduit dans une habitation située rue de Barcelone. Il lui est également interdit de séjourner sur le territoire français de manière définitive. L'homme, originaire du Maroc, a été interpellé après avoir été surpris par la propriétaire des lieux, qui a immédiatement alerté la police.
Une intrusion qui tourne mal
Les faits remontent au 2 août. Ce jour-là, le prévenu, en état d'ébriété, force un volet roulant et brise une vitre pour pénétrer dans une maison qu'il pense inoccupée. Alors qu'il se trouve dans une chambre, il tombe nez à nez avec la propriétaire. Surpris, il prend la fuite, non sans avoir restitué le téléphone portable qu'il avait dissimulé dans son caleçon. Grâce au signalement précis de la victime, les forces de l'ordre l'identifient rapidement et l'interpellent.
Lors de l'audience, le prévenu, qui comparaît libre, reconnaît les faits et présente ses excuses : « Je suis désolé, Monsieur le juge. » Il explique qu'il cherchait simplement un abri, croyant la maison vide. Une version que la défense étaye en citant les déclarations de la propriétaire, qui a confié que le prévenu semblait « aussi surpris qu'elle » et s'était excusé.
Un mode opératoire récurrent
Le président de l'audience souligne que la garde à vue a été « relativement compliquée », le prévenu étant alcoolisé au moment des faits. Ce dernier maintient sa version : « C'était une maison en travaux, je pensais qu'il n'y avait personne. L'année dernière, j'avais fait pareil, j'ai trouvé une maison en travaux, et j'ai pu rester pendant huit mois. » Un aveu qui inquiète la procureure, pour qui une habitation est un lieu où l'on doit se sentir en sécurité, et non un endroit où l'on peut croiser un intrus. Elle requiert un an de prison, dont six mois avec sursis probatoire, et un maintien en détention.
La défense plaide la « descente aux enfers »
Me Laurence Aguilar, avocate du prévenu, met en avant la situation personnelle de son client, marquée par une séparation et une perte de repères. « Il a essayé de s'en sortir. Il avait obtenu un CDI, fait une demande pour un logement, mais il lui manquait un bulletin de salaire pour l'obtenir », précise-t-elle. Elle plaide pour une réduction de la peine, évoquant une « descente aux enfers ».
Malgré ces arguments, le tribunal suit les réquisitions de la procureure et condamne le prévenu à deux ans de prison ferme, avec maintien en détention. Il est également condamné à verser 500 euros à la victime pour les frais de justice. Le préjudice matériel sera examiné ultérieurement, le dossier ayant été renvoyé sur intérêts civils.



