Psychiatrie en Lozère : les syndicats alertent sur un risque d'effondrement
Psychiatrie en Lozère : alerte sur l'effondrement

Mardi 29 septembre 2026, environ 250 personnes ont défilé dans les rues de Mende à l'occasion de la grève des agents des trois fonctions publiques. Le cortège s'est arrêté devant l'Agence régionale de santé (ARS), l'inspection académique, les impôts, la cité administrative et le tribunal. Des élèves du lycée Chaptal ont également rejoint la manifestation. Pour les syndicats CGT, FO et CFDT du centre hospitalier François-Tosquelles (CHFT), cette mobilisation a servi de caisse de résonance à une alerte très locale : la psychiatrie lozérienne est "au bord de l'effondrement".

Une situation critique pour les enfants et les adolescents

Le constat le plus alarmant concerne la pédopsychiatrie. "On n'a plus de médecins pédopsychiatres depuis le mois dernier", explique Stéphane Gravejat, représentant de Force ouvrière. L'unité de six lits d'hospitalisation à temps complet pour adolescents, la seule de ce type en Lozère, ne fonctionne plus. Les hôpitaux de jour pour enfants tournent également en mode dégradé, selon les syndicats.

Le recrutement s'annonce difficile. "Il manque des pédopsychiatres sur toute la France", souligne Anne-Lise Farges, de la CGT. Une piste est néanmoins étudiée : recruter avec le Clos du Nid un binôme de médecins qui partagerait son activité entre les deux établissements.

Des tensions qui s'étendent à la psychiatrie adulte

Chez les adultes, la situation est tout aussi tendue. "Ça tient sur le fil", résume Liza Langlais. Plusieurs médecins sont partis ces dernières années, dont récemment un psychiatre du centre médico-psychologique de Mende. Conséquence directe pour les patients : les délais de rendez-vous sont devenus beaucoup plus importants qu'il y a encore trois ou quatre ans.

Le problème ne concerne pas uniquement les médecins. Psychologues, infirmiers : des postes manquent ou ne sont pas tous remplacés. À l'Unité d'admission psychiatrique et psychologique (UAPP), cinq lits ont été fermés pendant l'été faute d'effectifs suffisants. Si l'équipe se reconstitue progressivement, la présence de psychologues demeure jugée insuffisante et un remplacement d'ergothérapeute manque encore.

Des inquiétudes pour l'avenir et des revendications précises

Les syndicats redoutent également les prochaines années. Plusieurs psychiatres de l'établissement approchent de la retraite. "Il faudrait un renouvellement, mais on n'a ni dispositif ni dynamique de recrutement", alerte Stéphane Gravejat. Dans sa prise de parole devant l'ARS, Sébastien Flauss, de la CGT, a décrit une psychiatrie "au bord de l'effondrement", évoquant le manque de psychiatres, de psychologues, d'infirmiers et d'éducateurs ainsi que les difficultés croissantes d'accès aux soins.

Face à cette accumulation de tensions, les trois organisations syndicales réclament des moyens pour recruter et fidéliser les psychiatres, des effectifs adaptés aux besoins et le maintien de tous les services de pédopsychiatrie et de psychiatrie adulte en Lozère. Elles demandent également que les annonces soient suivies d'effets, avec des moyens clairement identifiés, un calendrier et des réunions régulières avec les organisations syndicales.

"La population lozérienne doit pouvoir bénéficier d'une offre de soins psychiatriques publique, accessible et de proximité", a insisté Claudine Vigne, de la CFDT. Une exigence résumée en quelques mots devant l'ARS : "Des moyens pour les agents. Des moyens pour les services. Des moyens pour les patients."