Son bébé mort après un accouchement non assisté : le témoignage de Camille
Son bébé mort après un accouchement non assisté

Camille, une psychologue de 36 ans vivant dans le sud de la France, a vécu un drame terrible. Son bébé est mort à la naissance après un accouchement non assisté à domicile, relate une enquête de Marie-Claire. Influencée par des contenus en ligne prônant la naissance dite "libre" ou "souveraine", elle a refusé tout cadre médical, malgré des signaux d'alerte évidents.

Une grossesse sans anomalie, mais une méfiance envers l'hôpital

Camille et son épouse avaient eu recours à la PMA pour concevoir cet enfant. Très vite, la jeune femme s'est plongée dans les contenus en ligne consacrés à l'accouchement libre. Marquée par son histoire personnelle et méfiante envers les hôpitaux, elle cherchait à se rassurer en lisant des témoignages et des conseils. "Pour me protéger, mon mécanisme de défense a été de vouloir tout contrôler. C'était une illusion totale", confie-t-elle.

Elle a acheté des programmes, regardé des vidéos, écouté des podcasts, jusqu'à se convaincre que l'accouchement médicalisé représentait un risque. "Je dévorais tout. Pour moi, ces ressources, c'était la sécurité", explique-t-elle.

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Une "gardienne des naissances" trouvée sur Instagram

Pour préparer son accouchement, Camille s'est appuyée sur une "gardienne des naissances" trouvée sur Instagram, qui l'accompagnait à distance. Elles échangeaient via WhatsApp et participaient à des séances en petit groupe. Cette accompagnante n'était pas censée être présente le jour de la naissance.

Peu à peu, Camille s'est enfermée dans une certitude : "Dès qu'on me tenait un discours nuancé en avançant des arguments médicaux, je me braquais". Même ses proches ne parvenaient plus à la raisonner : "On ne me reconnaissait plus, je ne pouvais rien entendre d'autre que cet idéal d'une freebirth" (naissance libre en français).

Des signaux d'alerte ignorés

À 39 semaines de grossesse, la poche des eaux de Camille s'est fissurée. Le lendemain, un liquide verdâtre et malodorant est apparu. "Mon instinct et mon intuition m'ont crié qu'il y avait un problème, mais j'étais conditionnée à ne pas m'écouter à ce stade", raconte-t-elle.

Ce liquide vert était du méconium, une matière produite dans l'intestin du fœtus avant la naissance. Sa présence dans l'utérus peut signaler un manque d'oxygène chez le bébé, selon le manuel MSD. Après une nuit de contractions, tout s'est arrêté. "Aujourd'hui, on le sait : c'est à ce moment-là que le cœur de mon fils s'est arrêté", explique Camille.

Un appel aux secours trop tardif

Lorsque le travail s'est interrompu brutalement, la compagne de Camille a envoyé plusieurs messages à la "gardienne des naissances". Selon Camille, la réponse de cette dernière est restée la même : les accouchements physiologiques peuvent prendre 7 ou 9 jours. Sa partenaire a finalement appelé les secours.

À la maternité, l'échographie a confirmé le drame. "Il n'y a plus de battements de cœur", leur a annoncé une sage-femme. Camille retient surtout cette phrase : son bébé n'était pas mort depuis quelques heures, mais depuis environ 48 heures.

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