Samusocial de Paris : grève reconduite, dénonce l'expulsion de familles
Samusocial Paris : grève se poursuit contre mises à la rue

Le Samusocial de Paris a reconduit, jeudi 23 juillet, le mouvement de grève entamé il y a un mois, dénonçant la remise à la rue de familles hébergées dans des hôtels sociaux, faute de places suffisantes dans les structures d'hébergement.

Un mouvement qui s'intensifie

Depuis le 23 juin, les salariés du Samusocial de Paris, premier opérateur d'urgence sociale en France, sont en grève pour protester contre les conditions de travail et la dégradation de l'accueil des personnes sans abri. Le mouvement a été reconduit après une assemblée générale qui a rassemblé une centaine de grévistes, selon les syndicats. Les salariés dénoncent un manque de moyens chronique qui conduit à des situations dramatiques, comme la remise à la rue de familles avec enfants.

Des familles mises à la rue

Selon un communiqué de l'intersyndicale (CGT, SUD, CFDT), plusieurs familles hébergées dans des hôtels sociaux ont été contraintes de quitter les lieux sans solution de relogement. "Chaque jour, des familles sont mises à la rue parce qu'il n'y a pas de places disponibles", explique un représentant syndical. Le Samusocial de Paris gère environ 10 000 places d'hébergement d'urgence, mais les besoins sont bien supérieurs. En 2025, plus de 30 000 personnes étaient sans domicile fixe à Paris, selon les associations.

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Des revendications précises

Les grévistes réclament une augmentation des effectifs, une revalorisation des salaires et un arrêt des mises à la rue. Ils demandent également la création d'un véritable service public de l'hébergement d'urgence. "Nous ne pouvons pas continuer à gérer la pénurie sans mettre en danger les personnes que nous accueillons", dénonce un salarié. La direction du Samusocial de Paris affirme être en discussion avec les pouvoirs publics pour obtenir des financements supplémentaires, mais les syndicats jugent ces engagements insuffisants.

Un impact sur les maraudes

La grève a un impact direct sur les maraudes et les missions d'urgence. Selon la direction, environ 30 % des maraudes n'ont pas pu être assurées depuis le début du mouvement. Les grévistes appellent à une mobilisation générale pour faire pression sur le gouvernement. Une manifestation est prévue samedi devant le ministère du Logement.

Des précédents inquiétants

Ce n'est pas la première fois que le Samusocial de Paris est secoué par un mouvement de grève. En 2023, une grève de plusieurs semaines avait déjà dénoncé les mêmes problèmes. Les syndicats estiment que la situation s'est aggravée depuis, avec une augmentation des demandes d'hébergement et une baisse des moyens alloués. Selon un rapport de la Cour des comptes publié en 2024, le système d'hébergement d'urgence en Île-de-France est "sous tension permanente" et manque de 5 000 places.

La réponse des pouvoirs publics

Interrogé, le ministère du Logement a indiqué être "en contact avec la direction du Samusocial" et travailler à des solutions. Le gouvernement a annoncé en juin un plan de 100 millions d'euros pour l'hébergement d'urgence, mais les associations jugent cette somme insuffisante. "C'est une goutte d'eau face aux besoins", estime un porte-parole de la Fédération des acteurs de la solidarité. Les grévistes promettent de poursuivre le mouvement jusqu'à obtenir des avancées concrètes.

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