Dépôts sauvages à Saint-Tropez : +600% en été, la stratégie de la ville
Saint-Tropez : +600% de dépôts sauvages en été, la riposte

À Saint-Tropez, les dépôts sauvages de déchets explosent en été : les caméras de vidéosurveillance dédiées ont détecté 407 dépôts entre juillet et août 2025, contre seulement 59 entre octobre et novembre, soit une multiplication par sept. Face à cette recrudescence, la brigade environnement de la police municipale, créée en 2023, intensifie ses stratégies de contrôle et de verbalisation.

Un système de détection intelligent

La ville a installé trois caméras intelligentes développées par la société Vizzia, spécialisée dans le contrôle des dépôts sauvages. Ces caméras détectent tous les gros déchets : sacs-poubelles, palettes, cagettes, mobilier, électroménager. « Le système fonctionne comme un jeu des sept différences, simplifie Katrin de Proyart, cofondatrice de l'entreprise. Il distingue les changements de pixels. Lorsque ces derniers forment une tache noire prolongée et inerte, c'est un déchet. » Les caméras sont positionnées à des points stratégiques, qui peuvent tourner en fonction des lieux les plus touchés.

Chaque dépôt illégal fait l'objet d'une séquence enregistrée et envoyée directement aux agents de la brigade environnement via une interface. « En analysant l'image, on peut retrouver la plaque d'immatriculation du véhicule utilisé par le responsable et identifier ce dernier », expose Thomas Ronsin, responsable de la brigade environnement. La police peut ensuite engager une procédure administrative : « On établit un rapport puis on envoie un courrier à l'auteur de l'incivilité, qui dispose de dix jours pour apporter une justification... »

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Des amendes pouvant atteindre 15 000 euros

La sanction, dont le barème est fixé par arrêté municipal, relève ensuite de la décision de la maire. « Elle peut aller jusqu'à 15 000 euros d'amende, notifie le chef de service. Mais ça n'est jamais arrivé. En moyenne, on tourne autour des 180 euros. » Parfois, de simples rappels à l'ordre suffisent : « Quand les personnes concernées répondent à notre courrier avec des explications, on est plus indulgent. Tout dépend aussi du volume jeté et de la récurrence. On n'est pas là pour verbaliser, mais pour que les gens cessent. »

Les montants découlent aussi des frais engendrés, selon les moyens humains et techniques mobilisés pour le nettoyage. Les recettes des contraventions sont directement versées aux caisses de la mairie, afin de pallier le coût que représentent les services de propreté. Ce dernier est estimé à 100 000 euros par an « pour le ramassage et le nettoyage, sans compter le prix des caméras et le salaire des agents », précise Thomas Ronsin.

Un manque d'effectif chronique

Des investissements financiers mais aussi humains, selon le responsable : « La préparation et le suivi des dossiers sont assez laborieux. Il faudrait au moins un agent par jour dédié à cela. Si on avait plus de personnel, ce serait bien. » L'équipe de la brigade environnement, qui compte deux policiers municipaux et deux agents de surveillance de la voie publique (ASVP), engage une cinquantaine de procédures par mois en été. « Ça augmente dès le mois de mai, avec une trentaine de détections par jour », ajoute Thomas Ronsin.

Les dépôts sauvages sont particulièrement fréquents aux Salins, d'où l'installation de l'une des trois caméras dans cette zone. « On communique également auprès de la municipalité les horaires de pic d'incivilités, pour que la brigade sache à quels moments accroître sa surveillance », précise la prestataire.

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Une baisse des gros dépôts, mais un défi estival

Si les efforts de communication et l'effet dissuasif des caméras ont permis de réduire « de 44 % les plus gros dépôts sur un an », la surfréquentation estivale fait remonter la problématique à la surface régulièrement. « Lorsqu'on arrive à Saint-Tropez et qu'on se retrouve face à cela, tout de suite, ça brise le mythe », se désole Thomas Ronsin. L'enjeu principal se situe du côté des commerces, qui produisent beaucoup plus de déchets en cette période. « Ils n'ont pas accès à la déchetterie des Salins et doivent se rendre jusqu'à Ramatuelle ou Grimaud, ce qui est contraignant, reconnaît Thomas Ronsin. En ville, on a tout de même mis en place des conteneurs à cartons dédiés uniquement aux professionnels. Ils aimeraient qu'on prenne davantage en charge leurs encombrants, mais c'est à eux de gérer. »

Pour les particuliers, la déchetterie des Salins est ouverte du lundi au vendredi, de 7 h à 14 h (horaires d'été). En parallèle, la Communauté de communes propose le service de ramassage « Allô encombrants », pour les déchets limités à 1 m3. « Il faut que les gens comprennent que les dépôts sauvages sont néfastes non seulement pour l'image de la ville, mais aussi pour l'environnement », rappelle le chef de brigade.