Punaises de lit à Montpellier : une résidente vit un cauchemar malgré les traitements
Punaises de lit à Montpellier : une résidente vit un cauchemar

Depuis plus d'un mois, Fatima, 45 ans, résidente de l'immeuble Belvédère des Garrigues dans le quartier des Hauts de Massane à Montpellier, vit un véritable calvaire. Son appartement est infesté de punaises de lit, et malgré trois traitements effectués par son bailleur, l'agence In'li Sud Ouest, les parasites persistent. « Je suis en train de vivre un cauchemar », confie-t-elle, déjà fragilisée par le décès récent de sa mère.

Une infestation qui a commencé à la mi-juin

Les premières piqûres sont apparues à la mi-juin sur son torse, ses bras et ses jambes. Pensant d'abord à des moustiques, elle découvre rapidement la véritable cause : des punaises de lit. « Je ne dors pas. Je les cherche partout, à la lampe, quand elles sortent la nuit », explique-t-elle. Désespérée, elle avoue : « Avant, je me disais que les gens abusaient, que les punaises, ce n'était pas si grave. Maintenant que je suis touchée, j'ai l'impression que je ne pourrais jamais m'en débarrasser ».

Après avoir identifié le problème, Fatima contacte immédiatement son bailleur, l'agence In'li Sud Ouest, qui lui envoie un protocole à suivre. Celui-ci impose un passage en laverie à 60 °C pour tous les textiles : oreillers, couettes, draps, vêtements. Mais cela ne suffit pas, car les matelas sont déjà infestés. Trois traitements sont alors réalisés dans son appartement et chez ses voisins, détériorant certains meubles. Pourtant, « dès le lendemain, rebelote », déplore-t-elle.

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Un fléau qui touche 11 % des ménages français

Les punaises de lit ne sont pas un phénomène nouveau, mais leur résurgence massive depuis les années 1990 est préoccupante. Selon un rapport de l'Anses, cette recrudescence s'explique par le développement d'une résistance aux insecticides, la multiplication des achats de seconde main et des voyages. Ces parasites, qui peuvent mesurer jusqu'à 7 mm et vivre environ 12 mois, préfèrent la chaleur et se reproduisent rapidement, avec environ cinq pontes par femelle par jour en été. Hématophages, elles piquent la nuit et vivent dans l'obscurité.

En cas d'infestation, les experts recommandent de croiser les méthodes : insecticides, lavage à 60 °C ou congélation à – 20 °C. Ce fléau touche plus de personnes qu'on ne le pense : 11 % des ménages français ont été impactés entre 2017 et 2022. Pour Fatima, la situation est devenue insupportable. « Je suis épuisée », souffle-t-elle, ayant tout tenté, de la poudre de Diatomée à l'aspirateur vapeur.

« Je suis privée de ma famille tout l'été »

L'infestation affecte profondément la vie quotidienne de Fatima et de son mari, Mohammed. Après les traitements, les professionnels leur ont conseillé de sortir seulement quatre heures, mais ils sont restés dehors toute la journée. À leur retour, ils ont ressenti des brûlures sur tout le visage et le corps. « Je suis privée de ma famille tout l'été », déplore-t-elle. Elle affirme que le bailleur ne répond pas à ses nombreux mails et demande à être relogée, car le problème persiste depuis plus d'un mois.

Avec ses voisins, ils se sont organisés pour communiquer sur le problème dans l'immeuble. De son côté, l'agence In'li Sud Ouest, contactée, affirme avoir pris les choses en main. « Dès les sollicitations des premiers locataires, nous avons mandaté l'intervention du prestataire, qui a réalisé à nos frais plusieurs passages dans les logements et les parties communes », explique le bailleur. Il précise que « la source est bien identifiée. Il s'agit d'un autre locataire et on a demandé un accompagnement des services sociaux, l'homme n'étant pas apte à vivre dans ce type de logement ». Le bailleur assure que « le traitement de son appartement est la priorité. Dès le lendemain, on traitera à nouveau tout ». Cependant, l'agence indique ne pas avoir de logements disponibles pour reloger les locataires de la Tour Belvédère des Garrigues, et que « les recommandations – qui portent sur le traitement, et notamment sur sa durée – sont du ressort des prestataires ».

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