Le juge d'instruction a ordonné le renvoi devant le tribunal correctionnel de Rémy Daillet, figure du monde complotiste, et de 14 autres personnes, selon une ordonnance datée du 9 juillet. Cette décision est globalement conforme aux réquisitions du Parquet national antiterroriste (Pnat) prises fin janvier, a indiqué une source judiciaire. Le procès s'ouvrira le 15 septembre à Paris et devrait durer jusqu'au 9 octobre.
Des charges multiples et graves
Rémy Daillet, 59 ans, est notamment poursuivi pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d'actes de terrorisme et complicité du délit de soustraction de mineur par ascendant. Parmi les co-prévenus figure la mère de la petite Mia, enlevée en 2021 puis retrouvée saine et sauve. Tous les prévenus sont placés sous contrôle judiciaire.
Un dossier aux ramifications inquiétantes
Dans ce dossier tentaculaire, plusieurs cibles sont évoquées, dont l'ancien Premier ministre Édouard Philippe et des personnalités juives comme Jacques Attali. Selon les échanges entre certains mis en cause, il s'agirait de les « enlever » pour « filmer leurs aveux ». Un centre de vaccination contre le Covid devait être « faire sauter », et une église où se dérouleraient des « séances sataniques » devait être « faire péter ».
La défense de Rémy Daillet
« Nous sommes satisfaits que ce procès puisse enfin se tenir. Ce sera l'occasion pour Rémy Daillet de s'exprimer pleinement et de mettre fin à un certain nombre de fantasmes sur sa personne », a déclaré son avocat, Me Dylan Slama. Présenté comme l'inspirateur du groupuscule, Daillet est décrit par certains de ses suiveurs comme un « fou furieux » qui a su séduire. Son projet de « renversement du pouvoir », initialement « pacifique », a évolué vers plus de violence, selon les enquêteurs.



