Le magasin Phone Case, situé avenue Jean-Médecin à Nice, a rouvert ses portes mercredi 21 octobre à 15 heures, quatre jours après avoir été saccagé et pillé lors de la mobilisation du 17 octobre. Le préjudice est estimé à 30.000 euros par le patron de l'enseigne, Teddy Berthaud, qui espère protéger ses vitrines face aux risques de nouveaux débordements samedi 24 octobre.
Une réouverture sous le signe du soutien
Dès la réouverture, les marques de soutien ont afflué. « Je vous souhaite bon courage », a lancé une cliente, Nadia, venue de La Turbie pour faire poser un film de protection et acheter une nouvelle coque. Interrogée sur les événements, elle a commenté : « Certains disent que c'est parce qu'on est de telle nationalité. Mais c'est surtout une question d'éducation. » Un petit garçon entrant dans la boutique a également reconnu l'enseigne : « Ah oui, on l'a vu à la télé, ce magasin. » Sa mère a adressé un sourire au vendeur, en signe de soutien.
Nicolas Perrin, salarié de Phone Case, a assuré la réouverture du commerce. Il n'était pas présent le week-end de la mobilisation, mais a participé aux efforts de remise en ordre dès le lendemain. « Il a fallu nettoyer le verre des vitrines, jeter les coques piétinées qui étaient devenues invendables, les retrier par modèle de téléphone », a-t-il expliqué.
Un préjudice de 30.000 euros et des assurances incertaines
Phone Case étant un réseau de neuf enseignes, du matériel et du stock ont été acheminés depuis le magasin de Cannes, notamment des vitrines de présentation fracassées le jour de l'effraction. Grâce à cela, le magasin a pu rouvrir presque normalement, avec des planches de bois en attendant de nouvelles vitrines, qui doivent être installées ce jeudi 22 octobre.
Teddy Berthaud, le patron de l'enseigne, a déclaré : « Je n'ai pas attendu après les assurances. Ce qui compte, c'est de rouvrir, faire du chiffre d'affaires et ne pas mettre les employés au chômage. » Il estime le préjudice total à 30.000 euros et se montre sceptique quant à une indemnisation complète par les assurances : « Quand ce qui a été détruit dépasse les plafonds, on n'est pas complètement indemnisés. »
Ce jeudi 22 octobre, il doit rencontrer l'expert de son assurance pour faire estimer le préjudice et connaître la somme qui lui sera remboursée.
Préparatifs pour la manifestation du 24 octobre
Malgré l'écœurement initial, le patron se dit motivé et enthousiaste, se réjouissant de l'aide apportée par ses anciens employés et d'avoir pu rouvrir si vite. Cependant, il s'inquiète pour samedi : « J'espère surtout que samedi, on aura une protection maximale dans notre rue. » Un appel à un « acte II » des Gilets jaunes a été lancé pour le 24 octobre.
Le patron prévoit d'ouvrir normalement ce jour-là, mais va tenter de mieux protéger ses vitrines. « Si on voit que ça se passe mal, on se barricade. On va essayer d'organiser quelque chose pour que ce soit rapide et simple à mettre en place », a-t-il expliqué. Un vigile s'est déjà proposé de venir au besoin.
Ce mercredi, la police municipale est passée demander si des mesures de protection étaient prévues pour le magasin. Nicolas Perrin a répondu : « Qu'est-ce que vous voulez qu'on fasse ? On ne va pas attendre les manifestants avec une arme à feu. »