La cour d’assises du Var, statuant en appel à Draguignan, a confirmé ce jeudi 17 septembre la peine de réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans à l’encontre d’Hakim Briki, 42 ans. Reconnu coupable de meurtre, viols, séquestration, actes de tortures et barbarie, et proxénétisme aggravé, il avait déjà été condamné à la même peine en première instance à Nice en mars 2025.
Une peine alourdie d’une interdiction de séjour
La cour a également ajouté une interdiction de séjour dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur d’une durée de 10 ans. Cette décision a été accueillie par des larmes de soulagement de la part des parties civiles, notamment Julie, Jihane et Laure (1), qui ont été prostituées sous la menace et les coups entre 2010 et 2018. Après 17 ans de « souffrance », elles ont exprimé leur délivrance.
Le verdict a été lu par la présidente Emmanuelle de Rosa. Hakim Briki, impassible et vêtu de blanc, n’a pas réagi, tandis que Julie, sur le banc des parties civiles, a laissé éclater une nouvelle crise de sanglots.
Le meurtre de Soukeina entériné par la cour
Cette décision entérine le meurtre de Soukeina, une jeune Tunisienne de 23 ans, disparue depuis le 19 février 2019. Séquestrée dans la villa du Cannet (Alpes-Maritimes) avec Hakim Briki et sa compagne Aya Limam (2), elle avait été affamée, battue et torturée à l’eau chaude. L’avocate générale Sophie Couillaud avait noté mercredi, lors de ses réquisitions, qu’elle était « détruite autant physiquement que psychologiquement ».
« Elle n’a pas disparu volontairement », avait-elle insisté. Aya Limam, témoignant depuis son lieu de détention, avait rapporté que son ancien conjoint lui avait confirmé, sous l’emprise de toxiques, que « Soukeina est partie par coups ». La victime, qui était en contact quotidien avec ses proches via les réseaux sociaux, avait cessé de donner de ses nouvelles du jour au lendemain.
La défense dénonce un dossier fondé sur des paroles
Me Luc Tran Duy, en défense d’Hakim Briki, a déploré le poids donné aux déclarations à charge de l’ancienne compagne. « Ce dossier, ce sont des paroles, des paroles et encore des paroles », a-t-il regretté, évoquant un « naufrage » que la justice aurait cherché à éviter à tout prix, quitte à condamner un innocent. « On ne peut pas renvoyer l’image que la justice se trompe, qu’elle est laxiste. Alors on laisse la machine s’emballer », a-t-il ajouté.
Durant les deux semaines de son procès en appel, Hakim Briki, ancien chauffeur livreur, a clamé son innocence. Depuis lundi, il avait choisi de ne plus répondre aux questions des parties civiles. Me Tran Duy a souligné l’absence de corps, de mobile, de scène de crime et de témoin objectif, et a proposé l’hypothèse d’un départ volontaire de Soukeina pour échapper à la vengeance d’un père « traditionaliste » après une naissance hors mariage. Les jurés, à la majorité absolue, ont toutefois estimé que Soukeina n’avait pas disparu volontairement. Son corps n’a jamais été retrouvé.



