Ce jeudi 17 septembre, la police a mené des perquisitions à Nîmes dans le cadre de l'enquête sur l'attribution des arènes. L'ancien maire Jean-Paul Fournier se dit « serein », tandis que le délégataire Simon Casas est « meurtri » selon son avocat.
Des perquisitions dans plusieurs sites nîmois
Les investigations ont connu une accélération ce jeudi avec l'intervention de la police sur différents sites de la ville, dont le domicile de l'ancien maire, Jean-Paul Fournier. Ces visites domiciliaires auraient consisté à récupérer des éléments dans certains cas ou poser quelques questions dans d'autres. Le volet perquisition a été révélé par Objectif Sud ce jeudi et plusieurs lieux auraient fait l'objet de brèves interventions de la police.
Cette affaire porterait sur l'attribution des arènes de Nîmes en 2025 sous forme de délégation de service public (DSP) à l'actuel délégataire, Simon Casas. L'enquête concernerait des soupçons de favoritisme sur la procédure d'attribution, qui a donné lieu à un dépôt de plainte en 2025 par un avocat de Nîmes au nom de plusieurs plaignants estimant avoir été évincés en infraction des règles des marchés publics.
Deux affaires suivies par le parquet de Marseille
Cette enquête se superpose à l'autre affaire de blanchiment de fraude fiscale et abus de biens sociaux (ABS) suivie par la juridiction interrégionale de Marseille (Jirs), toujours en cours. Désormais, deux affaires sont suivies par le parquet de Marseille dans le cadre d'une enquête préliminaire autour des arènes de Nîmes dans l'organisation des spectacles tauromachiques.
Une source officielle a confirmé à Midi Libre que des perquisitions ont bien été menées à Nîmes. La nouvelle de la perquisition au domicile de l'ancien maire s'est répandue dans la ville alors que les préparatifs de la feria des Vendanges allaient bon train.
Jean-Paul Fournier : « Je suis tout à fait très serein, pas d'inquiétude »
Rencontré à son domicile nîmois ce jeudi en début d'après-midi, Jean-Paul Fournier confirmait que des policiers sont bien venus jeudi matin. « Ils ont posé des questions, regardé les tableaux, ils ont vu que j'étais aficionado, c'est tout », résume l'ex-maire de Nîmes durant 25 ans. Sur le fond, il réfutait toute implication personnelle dans « l'attribution de la tauromachie à Simon Casas. Je leur ai dit je ne suis pas du tout au courant puisque je n'ai pas négocié ça, ce sont les services techniques », affirme l'ancien maire, ex-président de l'Agglo et ancien sénateur (UMP). Jean-Paul Fournier, 81 ans en octobre, affiche sa totale sérénité face aux investigations.
Me Guillaume Barnier : « Simon Casas est meurtri »
D'autres lieux auraient également été perquisitionnés par la police, qui aurait saisi un smartphone et du matériel informatique. Le patron des arènes de Nîmes aurait été réveillé par la police alors qu'il se trouvait dans un hôtel. Son avocat, Me Guillaume Barnier, n'a pas caché son irritation face à l'accélération de l'enquête qui coïncide avec le calendrier de la feria.
L'avocat rappelle l'épisode révélé par Midi Libre de la saisie de 1,5 million d'euros sur les comptes du délégataire au lendemain de la feria de Pentecôte 2025. Cette saisie conservatoire intervenait en marge de l'enquête portant les suspicions d'abus de biens sociaux et de blanchiment de fraude fiscale. Sur le fond, Me Barnier dit de son client Simon Casas « qu'il est meurtri » de cette situation et qu'il s'est toujours présenté aux convocations sans qu'il soit nécessaire d'envoyer la police. « Simon Casas a toujours clamé son innocence », souligne l'avocat nîmois.
« Simon Casas est vraiment… meurtri par le traitement dont il fait l'objet », déclare Me Barnier. Il s'interroge sur le sens de ces perquisitions la veille du début de la feria des Vendanges, visant un homme âgé de bientôt 80 ans, toujours à disposition des enquêteurs et coopératif. L'enquête porte sur des faits de blanchiment de fraude fiscale et d'abus de biens sociaux, des infractions « extrêmement techniques, purement financières », selon l'avocat. L'enquête a été élargie au délit d'octroi d'avantage injustifié, reprochant à la société Casas & co d'avoir été favorisée dans la procédure de mise en concurrence.
Me Barnier rappelle que le tribunal administratif de Nîmes a rejeté la requête des candidats évincés et validé la procédure de mise en concurrence en mars 2025. « Une procédure de mise en concurrence ne se fait pas sur un coin de table dans un bureau », insiste-t-il, soulignant que les règles ont été validées par le juge administratif.



