Dans une interview vérité, Laurent Paganelli, homme de terrain emblématique de Canal+ depuis près de trente ans, n'a pas mâché ses mots au sujet de Gianni Infantino, le président de la Fifa. L'ancien joueur de l'AS Saint-Étienne et du Sporting Toulon Var, âgé de 63 ans, a notamment déclaré : « Infantino, il a commencé par pirater Platini. Et il a continué en faisant constamment passer ses intérêts personnels avant l'intérêt collectif. »
Un format à 48 équipes jugé « pas très utile »
Interrogé sur la première Coupe du monde à 48 équipes, Paganelli a reconnu que ce format a permis à des nations inédites de participer, mais a nuancé : « Cela a donné une semaine supplémentaire de matches, ce qui a permis aux grosses équipes de se roder. Mais, pour la compétition en elle-même, ce n'est pas très utile… 48 équipes, c'est vraiment la limite maximale. »
Il a également critiqué le projet d'Infantino de passer à 64 équipes, ainsi que ses controverses récentes, notamment le projet avorté d'ouvrir la Fifa à des fonds privés et son rapprochement avec Donald Trump. Paganelli a ironisé : « Il s'est rapproché de Trump et a cru qu'il pouvait faire ce qu'il voulait. Il veut s'en mettre plein les poches. Ce n'est pas ça le foot ! Il y a des valeurs qu'il faut respecter. »
Un foot « devenu le sport collectif le plus individualiste »
L'ancien Stéphanois s'est dit inquiet pour l'avenir du football, déplorant une uniformisation des équipes : « Tous les joueurs sont coiffés pareil, tatoués pareil. Ce n'est pas normal que l'on n'accepte pas que chaque pays ait son identité, sa caractéristique. Le Brésil que l'on voit jouer maintenant s'est européanisé : ça me rend malade. »
Il a ajouté : « Je parle peut-être comme un vieux con mais j'ai connu un certain foot et c'est pourquoi cette Coupe du monde ne m'a pas du tout intéressé. »
Le parcours des Bleus et la demi-finale contre l'Espagne
Sur l'équipe de France, Paganelli a estimé : « On savait qu'on serait dans le dernier carré et on avait même la capacité de gagner cette Coupe du monde mais on n'avait pas l'équipe pour battre l'Espagne. C'était la formation qu'il ne fallait pas jouer. » Il a suggéré que Didier Deschamps aurait pu opter pour un milieu renforcé : « Un Didier Deschamps d'il y a dix ans aurait certainement abordé cette demie différemment, avec un attaquant en moins et un milieu en plus… »
Un amour intact pour Canal+ et la Ligue 1
Malgré ses critiques, Paganelli a réaffirmé son attachement à Canal+ : « J'éprouve toujours le même plaisir. Et je remercierai toujours le Canal d'avant, de maintenant et d'après. Pour le sport en général et pas seulement le foot, il n'y a pas mieux que Canal. »
Concernant la Ligue 1, il a noté que le niveau reste bon mais que les clubs sont « en reconstruction tous les ans parce qu'ils sont obligés de vendre, à part le PSG ». Il a évoqué Monaco et Nice : « Ce sont des clubs que j'aime bien même si c'est toujours un peu chaotique pour eux. Mais ils ont de bonnes bases et arrivent toujours à tirer leur épingle du jeu… même si Monaco a le potentiel pour mieux faire. »
Enfin, sur un éventuel retour de la Ligue 1 sur Canal+, il a précisé : « Le seul intérêt de Canal avec la Ligue 1 serait de récupérer le premier match du vendredi soir et le dernier du dimanche soir, pas la compétition entière. » Il a également commenté le déséquilibre financier avec le PSG : « Ce déséquilibre existera toujours : le PSG a des moyens extraterrestres. »



