Onze Français sont actuellement détenus en Thaïlande pour détention de cannabis dans leurs valises, selon les informations de l'AFP. Les jeunes voyageurs, âgés de 18 à 26 ans, pensaient transporter des téléphones portables en échange d'un voyage gratuit proposé par une société de gestion de smartphones. À la place, les douaniers ont découvert 16,8 kg de cannabis dans l'une des valises, et plusieurs kilos dans d'autres bagages. Une enquête du Parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) est en cours.
Un « plan Thaïlande » via les réseaux sociaux
Elias, un aide déménageur de 20 ans vivant à Amiens (Somme), a été arrêté alors qu'il devait repartir de Thaïlande le 14 juillet pour Hong Kong, puis Londres, puis Paris, avec un autre Français prénommé Ibrahim. Dans leur valise cadenassée, dont les deux jeunes n'avaient pas le code, les douaniers ont découvert 16,8 kg de cannabis. « Ils sont restés choqués, ils ne s'y attendaient pas du tout », affirme Amira (prénom modifié), sa belle-sœur, auprès de l'AFP.
Le jeune homme a été contacté via Snapchat par une personne qui lui a envoyé des flyers « plan Thaïlande » assurant que « c'est 100 % légal, encadré, que c'est pour des téléphones, que c'est une durée d'une semaine, qu'il y a une rémunération. Tout est frais payés, billets, hébergement sur place », relate Amira. En contrepartie, ils devaient rapporter une valise remise par une tierce personne, contenant de soi-disant téléphones portables. Le « plan Thaïlande » émanait d'un gérant d'une société d'achat-vente de smartphones, selon Libération, qui a recensé au moins cinq jeunes âgés de 18 à 26 ans arrêtés dans des aéroports en Thaïlande et à Hong Kong.
Des jeunes recrutés via les réseaux sociaux
Les Français ayant répondu à la proposition étaient logés dans trois hôtels, non loin les uns des autres, situés à quelques dizaines de kilomètres de Bangkok. Selon leurs proches, ils ignoraient le contenu réel des valises. Elias est parti « mi-juin » sans prévenir sa famille, son voyage était prévu pour une semaine, mais il a prolongé de deux à trois semaines. « Au début il donnait des nouvelles, on ne s'est pas vraiment inquiétés », poursuit Amira.
Le Pnaco indique à l'AFP avoir « des investigations en cours sur ce phénomène ». « Notre objectif est d'identifier les commanditaires et les réseaux potentiels, de comprendre les modalités des passages : comment ces jeunes sont recrutés, pris en charge, s'il y a d'autres personnes qui interviennent… », explique-t-on au Pnaco. Une source judiciaire questionne : « Ces personnes étaient-elles de bonne foi quand elles sont parties ainsi tous frais payés en Thaïlande ? » Elle souligne que « la justice – y compris des pays des lieux d'interpellation – devra également permettre de faire la lumière sur la connaissance qu'ils avaient (d'être impliqués potentiellement dans un trafic) avant le passage à l'acte ».
Des peines de 2 à 10 ans de prison
« Les groupes criminels ciblent de manière croissante les jeunes, certains en situation de vulnérabilité, afin qu'ils participent à leurs activités criminelles – notamment afin qu'ils transportent une valise dont le contenu est inconnu ou sciemment mal renseigné, et comporte en réalité une quantité importante de drogues », développe la source judiciaire. Selon les « conseils aux voyageurs » diffusés par le Quai d'Orsay, l'exportation de cannabis depuis la Thaïlande fait encourir de deux à dix ans de prison. L'enquête en cours vise à identifier les commanditaires et à déterminer le degré de connaissance des jeunes impliqués.



