Nîmes : 5 ans de prison pour le chauffard qui a tué un ado en trottinette
Nîmes : 5 ans de prison pour le chauffard ayant tué un ado

Le 24 mai 2025, avenue Jean-Jaurès à Nîmes, un adolescent de 17 ans circulant en trottinette a été percuté par une BMW roulant à vive allure. Le conducteur, Melvin, 31 ans, était sous l'emprise de cocaïne et d'alcool. La victime, prénommée Farès, est décédée cinq jours plus tard à l'hôpital. Ce jeudi 23 juillet, le tribunal correctionnel de Nîmes a condamné l'automobiliste à cinq ans de prison, dont 18 mois assortis d'un sursis probatoire.

Les circonstances du drame

Ce jour-là, le premier festival sur l'avenue Jean-Jaurès battait son plein. Peu avant le drame, Melvin et son passager avaient consommé de la cocaïne et fait la tournée des bars de l'Écusson et du Victor-Hugo. La BMW, roulant entre 60 et 70 km/h, a débouché sur l'avenue, s'est engagée sur le rond-point et a fauché Farès, qui se déplaçait en trottinette. Selon le parquet, la victime ne portait ni casque, ni gilet fluorescent, et son engin n'était pas équipé de feux.

Fuite et mensonges

Après l'accident, le conducteur et son passager ont passé une grande partie de la nuit dans un bar de l'avenue Jean-Prouvé, continuant à boire et envisageant de quitter la ville et d'abandonner le véhicule. Ce n'est que plusieurs jours plus tard que Melvin s'est rendu à la police. Il a d'abord nié toute consommation d'alcool ou de stupéfiants, affirmant n'avoir pas pu éviter la trottinette. Ce n'est qu'en juillet, alors qu'il était toujours incarcéré, qu'il a reconnu une « consommation festive » de cocaïne et d'alcool.

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L'audience et les réquisitions

À l'audience, Melvin, défendu par Mes Marc Galix et Philippe Rey, a déclaré : « C'est terrible et cela me hante. Et j'ai honte. Je n'étais même pas conscient d'avoir pris cette route… Je n'étais pas moi-même… Tout est allé trop vite. Je suis le seul fautif. » Une adolescente proche de la victime a hurlé sa douleur avant de quitter la salle. Me Julie Gaëlle Bruyère, représentant une partie de la famille, a rappelé que Farès était le seul garçon de la famille, qu'il avait vécu huit ans chez ses grands-parents et avait décidé d'aller vivre chez son père. « La disparition de leur petit-fils les a brisés », a-t-elle déclaré.

Le procureur Stéphane Bertrand a requis sept ans de prison, soulignant que « ce n'est plus un accident, c'est la conséquence logique des choix du prévenu ». Il a relevé que le lendemain du drame, Melvin avait téléphoné à un ami pour dire qu'il avait fait quelque chose de grave, mais que ce n'était pas de sa faute.

La défense et le jugement

La défense a plaidé que la victime, habillée de noir et sortant d'un trottoir, avait surpris le conducteur, et que Melvin était dans un état de panique et de peur après les faits. Me Rey a également souligné que le permis de conduire djiboutien du prévenu n'était pas valable en France. Le tribunal a finalement condamné Melvin à cinq ans de prison, dont un an assorti d'un sursis probatoire. Il a été maintenu en détention.

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